lundi 3 janvier 2022

11. Qu'est-ce qui importe?


Le Neindre, P., Dunier, M., Larrère, R., & Prunet, P. (2018). La conscience des animaux (p. 120). éditions Quae.

Résumé Les animauxont-ils une conscience ? Comment perçoivent-ils leur propre monde ? Ces questions font l’objet de débats dans la communauté scientifique aussi bien pour des raisons académiques que pour des raisons pratiques. Ainsi, le 7 juillet 2012, un collectif de scientifiques de premier plan mené par Philip Low a éprouvé la nécessité de publier en Angleterre un manifeste intitulé La Déclaration de Cambridge sur la conscience. Il énonce qu’« une convergence de preuves indique que les animaux non humains disposent des substrats neuro-anatomiques, neurochimiques et neurophysiologiques des états conscients ainsi que de la capacité d’exprimer des comportements intentionnels... ». Il appelle à l’intensification des recherches pour connaître plus avant cette capacité des animaux.

Harnad, S (2014) Luxe, nécessité, souffrance. Québec Humaniste

Résumé : Il est facile de cultiver la psychopathie chez nos enfants: il suffit de leur dire que manger de la viande est nécessaire à leur survie et à leur santé, que puisque les animaux le font aussi sans remords, c'est une loi de la nature, et qu'en tout cas les animaux sont élevés et abattus de manière "humaine" (il suffit d'éviter de visionner des images Google sur les élevages et les abattoirs). En fait, par exactement les mêmes moyens culturels, nous pourrions (encore) inculquer à nos jeunes le goût et la justification du viol, de la torture, de l'esclavage et du génocide.

Larue, R. (2019). «Tirer l’homme de la classe des animaux carnassiers.»: Rousseau et les preuves scientifiques de notre nature végétarienne. Sens public.

Résumé : Dès l’époque du Discours sur l’origine de l’inégalité, Jean-Jacques Rousseau accorde une place importante à ce qu’il juge être le régime naturel de l’espèce humaine, en l’occurrence le frugivorisme. Cet intérêt, à peine relevé par la critique, s’explique aisément par la nécessité que perçoit Rousseau de chercher dans le corps même des hommes des preuves de leur bonté naturelle. Pour que l’homme soit bon naturellement, il faut en effet qu’il ait des tendances végétariennes et un système digestif comparable à celui des paisibles animaux frugivores. Sans cela, nous serions des carnivores, nous serions nécessairement méchants et sourds à la souffrance des êtres sensibles. Ce type de réflexions a des échos de plus en plus nombreux dans les débats contemporains sur notre rapport aux animaux.

VIDÉO Semaine 11 -- 20 avril


46 commentaires:

  1. Léo Caron-Guillemette6 avril 2022 à 09 h 52

    Je considère que l’étude de la conscience est intimement liée à celle de l’éthique et de la morale dans le sens où la compréhension de ce qu’est le ressenti et plus particulièrement la souffrance et l’empathie permet de poser au moins vaguement quelques limites qui définissent ce qu’est le bien et les bonnes pratiques. Ainsi, je suis complètement d’accord avec vous sur le point que la morale nous dit qu’il ne faut pas créer de la souffrance inutilement et que le fait d’exploiter des animaux est donc extrêmement problématique entre autres pour cette raison. Cependant, je ne peux m’empêcher d’excuser mes proches qui consomment tout de même des produits animaliers dans le sens où ces gens ne me semblent pas du tout être des psychopathes qui se réjouissent de voir le monde souffrir. Je remarque donc le pouvoir des pratiques culturelles qui arrive à me faire accepter que des personnes de mon entourage, voire moi-même, participe inutilement au cycle de la souffrance et le fait d’y penser me trouble à chaque fois. Cela étant dit, merci pour votre présentation ; cela fait toujours du bien d’avoir un rappel que nous pouvons et nous devons faire mieux.

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    1. En effet, cela peut troubler de réaliser l'impact de nos habitudes alimentaires. Par contre, je ne crois pas que le but de Stevan lors du cours était de tous nous convertir au mode de vie végane, tu n'es pas obligé de faire des changements drastiques pour « faire mieux ». Après réflexion, je crois qu'il utilisait simplement le concept du problème des autres esprits, des sciences cognitives, pour défendre une cause qui lui tient à cœur. En prenant compte de l'importance du ressenti des animaux, on évite d’avoir la tête dans le sable comme des autruches en se disant que manger une poitrine de poulet a la même signification éthique qu'une salade puisqu'elle est bien présentée et qu'on n'a pas vu ce qui s'est passé avant. Je crois que l'important, c'est de prendre en compte ce problème du ressenti, de comprendre que la souffrance des animaux est à éviter dans la mesure du possible, puis d'effectuer des petits changements suite à cette prise de conscience. Par exemple, ne pas se vanter d'acheter le plus gros steak à l'épicerie, ne pas faire du boucher notre meilleur ami, de cuisiner quelques recettes végétariennes dans la semaine et tout ceci ferait déjà une différence pour ce qui importe.

      (*C’est un « Maxime dit », Stevan peut me dire que j’ai complètement tort, mais je crois que ce point de vue (énoncé de façon respectueuse) est plus modéré pour l’interprétation des élèves du cours n'étant pas déjà végétariens ou véganes*).

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    2. Vous avez tous les deux raison. La semaine 11 était pour vous sensibiliser. Je n'avais pas d'illusions. Mais j'espère que, comme d'autre composantes du cours, elle va déclencher de la réflexion, longue, et profonde (peut-être plus profonde que les autres semaines).

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  2. Le cours de cette semaine portait sur ce qui importe. La semaine passée, on a conclu que ce qui rendait le problème difficile, difficile, c'était le problème facile puisqu'après avoir trouvé un paquet d’explications causales pour déterminer comment on fait tout ce qu’on fait (facteur observable), il ne reste plus de place pour le facteur non-observable : le ressenti, le problème difficile. Toutefois, est-ce que cela signifie que le ressenti ne nous importe pas? Bien au contraire! C’est la réponse à la grande question de cette semaine : ce qui importe, c’est le ressenti.

    Dans une société où l’humain s’est désigné comme supérieur à la nature, nous pourrions être porté à croire que le seul ressenti qui compte, c’est le ressenti des humains. Bien sûr, il importe et les multiples guerres ayant eu lieu au cours de l’histoire ont causé un mal atroce au ressenti des humains, y compris la guerre ayant lieu en ce moment même. Il faut toutefois réaliser que le ressenti des êtres biologiques non humains nous importe également. Dans son cours, Stevan a mentionné que le problème des autres esprits reste le problème des autres esprits puisqu’ils dépendent de ce que les humains décident. Je comprends très bien la signification, mais je tiens justement à mentionner que le problème des autres esprits est également le problème des humains puisqu’ils sont normalement sujet à une certaine sensibilité à l’égard des animaux qu’ils tuent pour se nourrir, il faut donc impérativement avoir une réflexion éthique/morale sur ce mode de vie et arriver à un choix à faire : changer ses habitudes alimentaires ou continuer, mais en toute connaissance de cause, ne pas vivre dans le déni puisque le ressenti (souffrance) nous importe, puis nous devons prendre une décision éclairée.

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    1. Oui, il ne faut pas vivre dans le déni. Si on est honnête avec soi-même, c'est plus probable qu'un jour on fera « la bonne chose avec la bonne sorte de chose ». C'est quand la « sorte de chose » est les autres êtres sentients, souffrants, que les enjeux sont réellement importants.

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  3. Le cours de cette semaine portait sur ce qui importe. La semaine passée, on a conclu que ce qui rendait le problème difficile, difficile, c'était le problème facile puisqu'après avoir trouvé un paquet d’explications causales pour déterminer comment on fait tout ce qu’on fait (facteur observable), il ne reste plus de place pour le facteur non-observable : le ressenti, le problème difficile. Toutefois, est-ce que cela signifie que le ressenti ne nous importe pas? Bien au contraire! C’est la réponse à la grande question de cette semaine : ce qui importe, c’est le ressenti.

    Dans une société où l’humain s’est désigné comme supérieur à la nature, nous pourrions être porté à croire que le seul ressenti qui compte, c’est le ressenti des humains. Bien sûr, il importe et les multiples guerres ayant eu lieu au cours de l’histoire ont causé un mal atroce au ressenti des humains, y compris la guerre ayant lieu en ce moment même. Il faut toutefois réaliser que le ressenti des êtres biologiques non humains nous importe également. Dans son cours, Stevan a mentionné que le problème des autres esprits reste le problème des autres esprits puisqu’ils dépendent de ce que les humains décident. Je comprends très bien la signification, mais je tiens justement à mentionner que le problème des autres esprits est également le problème des humains puisqu’ils sont normalement sujet à une certaine sensibilité à l’égard des animaux qu’ils tuent pour se nourrir, il faut donc impérativement avoir une réflexion éthique/morale sur ce mode de vie et arriver à un choix à faire : changer ses habitudes alimentaires ou continuer, mais en toute connaissance de cause, ne pas vivre dans le déni puisque le ressenti (souffrance) nous importe, puis nous devons prendre une décision éclairée.

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    1. Oui, il ne faut pas vivre dans le déni. Si on est honnête avec soi-même, c'est plus probable qu'un jour on fera « la bonne chose avec la bonne sorte de chose ». C'est quand la « sorte de chose » est les autres êtres sentients, souffrants, que les enjeux sont réellement importants.

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  4. Bonnes questions, Ludovic. Normalement les gènes – qui sont égoïstes -- favorisent les traits égoïstes. Un gène qui coderait à se sacrifier pour un autre (un carnivore qui se sacrifiait pour sa proie) n’aurait pas beaucoup de progéniture. Mais ça mène vers les mammifères et les oiseaux, pour lesquels la propagation de leurs gènes égoïstes dépend de la survie et de la reproduction de leur progéniture. C’est à cause de ça qu’ils ne mangent pas leurs enfants, et font des sacrifices pour leur survie. C’est en partie pour ça que les gènes qui codent pour les capacités miroirs ont évolués.

    Mais n’oublions pas cette frontière entre les traits inné, codés par nos gènes, et les traits acquis (par l’apprentissage non-supervisé et supervisé, et, chez les humains, par la communication verbale).

    Ça n’explique pas le psychopathe. Ça explique peut-être pourquoi ça ne peut pas être tout-le-monde qui est psychopathe. D’être tricheur ou menteur est une stratégie évolutive « instable ». (Rappèle-toi le sort du paon tricheur, qui a une énorme queue d'éventail qui signale son « fitness » aux femelles, mais ses autres gènes sont maladaptés.)

    Il y a peut-être des psychopathes innés. Mais c’est sûr que la psychopathie peut aussi être apprise (apprentissage non-supervisé at supervisé, communication verbale).

    Et l’empathie aussi, et la justice, peuvent être apprises (et supervisée!).

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  5. On peut faire un parallèle entre la discussion que nous avons eu sur la psychopathie/manger de la viande et la guerre en Ukraine. « Il est facile de cultiver la psychopathie chez nos enfants : il suffit de leur dire que manger de la viande est nécessaire à leur survie et à leur santé, que puisque les animaux le font aussi sans remords, c'est une loi de la nature, et qu'en tout cas les animaux sont élevés et abattus de manière "humaine". En fait, par exactement les mêmes moyens culturels, nous pourrions (encore) inculquer à nos jeunes le goût et la justification du viol, de la torture, de l'esclavage et du génocide. » C’est ce qui se passe en Russie. C’est un pays où règne des campagnes de désinformation. Elle bâillonne la presse libre en menaçant les journalistes. Donc par les moyens culturels, ce pays inculque la justification de la brutalité, de la violence et de la guerre seulement pour l’obtention d’une partie de territoire.

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    1. Oui, et c'est abominable, monstrueux. Mais figure toi qu'envers des innombrables être sentients non humains, on fait ça à chaque seconde, et de plus en plus, depuis des millenaires: https://thevegancalculator.com/animal-slaughter/

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  6. Dans l'imaginaire collectif, les psychopathes sont associés à des tueurs en série à la Hannibal Lecter et Patrick Bateman. Il faut savoir pourtant que 4% de la population est sociopathe. La psychopathie et la sociopathie ce n’est pas ce qui est décrit dans le cinéma populaire. C’est vrai que, ces humains sont à différents niveaux des prédateurs auprès des autres, mais ils ont un code d’éthique (et pas moral) scrupuleux pour la plupart. De la même manière les humains consomment des animaux divers mais ne feraient pas de mal à leur chat.

    Ces personnes qu’on appelle maintenant anti-sociale sont des individus narcissique, incapable d'empathie, essentiellement centré sur elles-mêmes, qui entretiennent des relations utilitaires, elles sont manipulatrices et fonctionnent selon le principe de la gratification et de plaisirs immédiats.
    L'agressivité, l'insensibilité et l’absence de remords associés à ces personnalités anti-sociales ont déjà été pourtant nécessaires et utiles à l’humanité et il est possible que ces traits aient tenus du résultat de la sélection naturelle dans un monde dans un monde où la compétition pour les ressources était très intense. L’homme est habité de cette ambivalence, il a la capacité de se comporter comme un psychopathe vis-à-vis des groupes externes et, en même temps, d’être empathique vis-à-vis ses pairs et sa famille: le fameux code d’éthique.

    Autrement et autrefois, l’humain était en lien avec l’animal et avec tout le spectre du vivant. Plus le temps a passé, plus l’animal est devenu une valeur marchande et l’humain s’est éloigné du vivant et des environnements naturels. La modernité a soumis l’animal à l’asservissement, et l’Homme s’est séparé du reste; comme le psychopathe il a fait du non-humain ses relations utilitaires et n’éprouve pas d’empathie pour celui qui n’est pas son semblable.

    L’Humanité agit comme le cerveau d’un sociopathe. Le cerveau collectif détermine les comportements des individus : égo surdimensionné, manipulation, narcissisme, absence d’empathie, déni de responsabilité.

    Il faut se rappeler que le sociopathe est construit (inné+acquis), il ne naît pas ainsi. On se rappelle que le cerveau a besoin de données et en ce qui concerne la construction de la sociopathie de l’humanité, l’éducation est certainement la principale cause. Il faut voir comment on envisage l'avenir, si on le peut. Se projeter dans l'avenir n'est pas propre aux sociopathes ni aux psychopathes. Mais soyons optimistes !

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    1. Sombres réflexions. Pas sûr s'il y a vraiment différence entre soc et psych. C'est de l'extrême égoïsme, avec une base composée de gènes égoïstes ainsi que de la contagion culturelle. Mais le fatalisme serait de la complicité. Fac quod iustum est.

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  7. Selon La conscience des animaux de P. Le Neindre, M. Dunier, R. Larrère, P. Prunet, coord.
    La conscience chez les animaux a été de l’intérêt croissant au cours des deux dernières décennies. Cette nouvelle discipline appelée « neuroscience affective » (Panksepp, 1998). « L’affectivité des animaux ». Ces études ont bien débuté avec des études humaines et plus tard ils ont été réalisés dans des animaux domestiques spécialement avec des moutons. On présente des situations ponctuelles lesquelles sont déclenchantes des émotions. Les scientifiques ont pu constater que les moutons répondaient avec certains comportements et réponses physiologiques : par exemple le sursaut, la tachycardie, courir ou s’échapper entre autres. Les réponses qui donnent les moutons sembleraient premièrement être automatiques et non conscients, mais les moutons sont capables de réagir différemment selon le degré de connaissance ou pas de la situation ou objet auxquels ils sont confrontés; les moutons vont traiter l’information. Ils sont aussi capables d’anticiper une situation s’il existe des éléments déjà connus; ils vont tenir compte les situations passés et vont se projeter au futur. Le comportement des moutons répond aussi au pouvoir du control qu’ils ont dans une situation déterminée.
    Voici une prise de conscience pour nous les êtres appelés humains. On est bien loin de l’être.
    Maintenant je comprends mieux la raison par laquelle je ‘n’ai jamais aimé le fait d’élever des poules pour après les manger…pour moi c’est la même chose que manger mon chien ou chat au moins j’avais une petite conscience des ressenties des animaux.

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    1. Que les mammifères et les oiseaux poissons et les reptiles ressentent est une évidence si on observe et on est honnête. La majorité des invertébrés aussi. Le reste revient à Fac quod iustum est.

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  8. Selon La conscience des animaux de P. Le Neindre, M. Dunier, R. Larrère, P. Prunet, coord.
    La conscience chez les animaux a été de l’intérêt croissant au cours des deux dernières décennies. Cette nouvelle discipline appelée « neuroscience affective » (Panksepp, 1998). « L’affectivité des animaux ». Ces études ont bien débuté avec des études humaines et plus tard ils ont été réalisés dans des animaux domestiques spécialement avec des moutons. On présente des situations ponctuelles lesquelles sont déclenchantes des émotions. Les scientifiques ont pu constater que les moutons répondaient avec certains comportements et réponses physiologiques : par exemple le sursaut, la tachycardie, courir ou s’échapper entre autres. Les réponses qui donnent les moutons sembleraient premièrement être automatiques et non conscients, mais les moutons sont capables de réagir différemment selon le degré de connaissance ou pas de la situation ou objet auxquels ils sont confrontés; les moutons vont traiter l’information. Ils sont aussi capables d’anticiper une situation s’il existe des éléments déjà connus; ils vont tenir compte les situations passés et vont se projeter au futur. Le comportement des moutons répond aussi au pouvoir du control qu’ils ont dans une situation déterminée.
    Voici une prise de conscience pour nous les êtres appelés humains. On est bien loin de l’être.
    Maintenant je comprends mieux la raison par laquelle je ‘n’ai jamais aimé le fait d’élever des poules pour après les manger…pour moi c’est la même chose que manger mon chien ou chat au moins j’avais une petite conscience des ressenties des animaux.

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  9. “[…]si vous mangez de la viande, ce n’est certes pas parce que la viande est nécessaire pour votre survie, ni pour votre santé: c’est pour atteindre un but qui est à votre goût, peu importe la misère gratuite induite à d’autres êtres vivants, souffrants.”

    C’est probablement le cas pour plusieurs (voire peut-être la majorité) des omnivores humains: qu’ils mangent la viande par habitude, par goût, parce qu’ils ignorent (ou travaillent fort pour ignorer) ce qui se passe dans les élevages animaux et les abattoirs. De mon côté quand j’ai commencé à m’informer sur l’industrie laitière, j’ai été choqué surtout par le fait que j’y avais jamais sérieusement réfléchi avant (eh ben oui, une vache doit être enceinte ou avoir accouchée pour produire du lait….), et ce malgré avoir été végétarienne depuis plusieurs années.

    Mais plus tard dans le texte , vous, l’auteur nuancez vos propos: “Idem pour les chasseurs de phoques et de baleines qui habitent les régions polaires où ils n’y a pas d’autre moyen actuel de se nourrir. Pas de psychopathie en jeu là. “ Ce ne serait donc pas juste le fait de consommer des animaux qui est “psychopathique”, mais plutôt de le faire si un autre choix se présente à toi.

    Un phénomène est de plus en plus rapporté: des gens souffrant de maladies (autoimmunes, diabète, problèmes de santé mentale) adoptent un régime carnivore et voient une réduction de leurs symptômes, voire une rémission totale. (Une étude récente de Harvard sur le sujet: https://academic.oup.com/cdn/article/5/12/nzab133/6415894?login=true.) C’est un phénomène qui pose un dilemme important. Et si, en fait, ce n’est pas qu’une “faible minorité de cas que les exigences cruelles de l’existence biologique créent des conflits d’intérêts vitaux et inéluctables entre les êtres souffrants”? Dans ce cas là, "Fac quod iustum est" devient moins évident

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    1. Les humains sont des omnivores facultatif, capables de survivre en mode presque purement carnivore, ou purement herbivore.

      Je ne ferais pas trop de confiance aux études d'auto-reportage sur la diète ou la santé. Les études objectives sur les populations semblent tirer des conclusions contraires à cette étude d'auto-reportage sur les effets de la consommation de la viande...

      Oui, Fac quod iustum est: Caro non est edenda praeter necessitatem.

      Les ét

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  10. "C’est à cause de ça qu’ils ne mangent pas leurs enfants, et font des sacrifices pour leur survie. C’est en partie pour ça que les gènes qui codent pour les capacités miroirs ont évolués." Mais ce n'est pas seulement le cas pour la progéniture, n'est-ce pas? Dans un groupe, la meilleure stratégie évolutive est la réciprocité.
    Dans le texte vous dites aussi: “L’évolution darwinienne est également pragmatique. Du point de vue évolutif, nous devrions tous être des psychopathes.[…]. La seule exception à la psychopathie évolutive (note #1) – bien qu’on voit qu’elle n’est pas vraiment une exception – concerne nos proches, avec lesquels nous partageons nos gènes, ce qui nous met dans la même barque évolutive. “

    L’auteur, vous, faites bien de préciser en note #1 que “C’est plus compliqué que ça, car il y a aussi l’altruisme réciproque et la question plus controversée de la sélection au niveau du groupe”.

    Effectivement. Sinon, nos hiérarchies sociales seraient entièrement dominées par les individus présentant la triade sombre de la personnalité. Malgré le fait que cela arrive parfois (taux de psychopathie élevé chez les PDG, par exemple), il s’agit de l’exception et non de la règle. Pareil pour les groupes animaux comme les chimpanzés, où les “leaders” sont, oui, les plus menaçants, mais aussi les plus généreux.

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  11. Le texte sur la perspective de Rousseau par rapport au végétarisme provoque des réflexions intéressantes, notamment le caractère soit-dit “hypocrite” de l’humain omnivore/carnivore qui n’ose pas faire la suivante:

    “tue les animaux toi-même, je dis de tes propres mains, sans ferrements, sans coutelas ; déchire-les avec tes ongles, comme font les lions et les ours ; mords ce bœuf et le mets en pièces ; enfonce tes griffes dans sa peau ; mange cet agneau tout vif, dévore ses chairs toutes chaudes, bois son âme avec son sang.”

    Mais la toute première thèse, stipulée en début de texte m’a frappé:

    “Si l’être humain est naturellement bon, comme il le soutient, si la pitié est bien l’une des deux facultés fondamentales que nous avons reçues des mains du Créateur, il faut que nous ayons aussi reçu de lui une âme végétarienne[….]Rousseau lui-même [...] est de ceux-là. Sa bonté transparaît notamment dans la façon qu’il a de se comporter envers les animaux. N’évoque-t-il pas toujours avec affection et même tendresse ses animaux de compagnie?”

    La perspective religieuse (chrétienne du moins) n’est surtout pas que l’humain est naturellement bon, mais plutôt, au contraire, que l’humain naît avec le pêcher originel.

    Il ne faudrait pas mêler “tendresse” et “affection” avec “bonté”.Il existe un concept freudien qui décrit la mère oedipienne: elle protège 100% son fils, ne lui laissant aucune opportunité d’être blessé par le monde….en échange qu’il reste à ses côtés pour toujours, naïf; protégé; enfant. Les cliniciens psychologues savent eux-aussi que les gens les plus susceptibles de souffrir d’un trouble du stress post-traumatique sont les gens naïfs: qui croient que l’humain est naturellement bon, qui n’ont aucune connaissance pratique du “mal”. C’est eux qui deviennent traumatisés par ce qu’ils voient, ou encore pire, ce qu’ils font. Les actes cruels qu’ils commettent eux-même, en temps de guerre par exemple.

    Il est important de réfléchir à sa manière d'interagir avec le monde: comment on vit, interagit et, oui, mange. Confondre bonté et tendresse affaibli l'argumentaire du texte, par contre.

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    1. Les seuls êtres auxquels on peut faire du mal ou du bien, c'est les êtres sentients. Et ce n'est pas ce que ressent l'agent qui est pertinent, c'est ce que ressent le patient.

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  12. Le texte sur la perspective de Rousseau par rapport au végétarisme provoque des réflexions intéressantes, notamment le caractère soit-dit “hypocrite” de l’humain omnivore/carnivore qui n’ose pas faire la suivante:

    “tue les animaux toi-même, je dis de tes propres mains, sans ferrements, sans coutelas ; déchire-les avec tes ongles, comme font les lions et les ours ; mords ce bœuf et le mets en pièces ; enfonce tes griffes dans sa peau ; mange cet agneau tout vif, dévore ses chairs toutes chaudes, bois son âme avec son sang.”

    Mais la toute première thèse, stipulée en début de texte m’a frappé:

    “Si l’être humain est naturellement bon, comme il le soutient, si la pitié est bien l’une des deux facultés fondamentales que nous avons reçues des mains du Créateur, il faut que nous ayons aussi reçu de lui une âme végétarienne[….]Rousseau lui-même [...] est de ceux-là. Sa bonté transparaît notamment dans la façon qu’il a de se comporter envers les animaux. N’évoque-t-il pas toujours avec affection et même tendresse ses animaux de compagnie?”

    La perspective religieuse (chrétienne du moins) n’est surtout pas que l’humain est naturellement bon, mais plutôt, au contraire, que l’humain naît avec le pêcher originel.

    Il ne faudrait pas mêler “tendresse” et “affection” avec “bonté”.Il existe un concept freudien qui décrit la mère oedipienne: elle protège 100% son fils, ne lui laissant aucune opportunité d’être blessé par le monde….en échange qu’il reste à ses côtés pour toujours, naïf; protégé; enfant. Les cliniciens psychologues savent eux-aussi que les gens les plus susceptibles de souffrir d’un trouble du stress post-traumatique sont les gens naïfs: qui croient que l’humain est naturellement bon, qui n’ont aucune connaissance pratique du “mal”. C’est eux qui deviennent traumatisés par ce qu’ils voient, ou encore pire, ce qu’ils font. Les actes cruels qu’ils commettent eux-même, en temps de guerre par exemple.

    Il est important de réfléchir à sa manière d'interagir avec le monde: comment on vit, interagit et, oui, mange. Confondre bonté et tendresse affaibli l'argumentaire du texte, par contre.

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  13. Ce qui fait qu’il y a des choses qui importent, c’est le fait que nous ayons le ressenti. D’une part, parce que c’est le ressenti qui nous pousse à accorder de l’importance à des valeurs morales, à se soucier des autres et pas simplement à chercher à survivre et reproduire nos gènes. En effet, il serait difficile d’expliquer, dans une simple logique de survie, pourquoi un être humain serait sensible au sort d’un animal qu’il peut manger.
    Ensuite, c’est parce que d’autres humains et d’autres êtres vivants ressentent et notamment peuvent souffrir que nous nous soucions des besoins des autres et de l’impact que nous avons sur eux. Un ordinateur ne ressent pas et donc je ne me sens pas mal si je le malmène (mon seul soucis étant possiblement qu’il reste fonctionnel, pour mes besoins, et non les siens), tandis que je suis capable d’empathie pour un autre être humain ou un animal si je le fais souffrir ou simplement le vois souffrir.

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  14. Ce qui fait qu’il y a des choses qui importent, c’est le fait que nous ayons le ressenti. D’une part, parce que c’est le ressenti qui nous pousse à accorder de l’importance à des valeurs morales, à se soucier des autres et pas simplement à chercher à survivre et reproduire nos gènes. En effet, il serait difficile d’expliquer, dans une simple logique de survie, pourquoi un être humain serait sensible au sort d’un animal qu’il peut manger.
    Ensuite, c’est parce que d’autres humains et d’autres êtres vivants ressentent et notamment peuvent souffrir que nous nous soucions des besoins des autres et de l’impact que nous avons sur eux. Un ordinateur ne ressent pas et donc je ne me sens pas mal si je le malmène (mon seul soucis étant possiblement qu’il reste fonctionnel, pour mes besoins, et non les siens), tandis que je suis capable d’empathie pour un autre être humain ou un animal si je le fais souffrir ou simplement le vois souffrir.

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  15. L’étude des capacités cognitives des animaux et notamment le fait de savoir si les animaux sont des êtres sensibles joue en rôle considérable dans notre rapport à eux : en effet, à partir du moment où nous reconnaissons que les animaux sont des êtres sensibles pouvant souffrir, il devient difficilement défendable de ne pas prendre en compte cette souffrance, et encore moins de la provoquer sans réelle nécessité. Il existe de fait une tension importante entre de nombreux indices permettant de considérer que les animaux ressentent à différents niveaux (la simple observation permettant d’ailleurs de le constater) et une tendance de plus en plus forte à considérer les animaux comme de simples outils de production (élevage, recherche scientifique etc.).
    Il me semble que pour diminuer cette tension, notre culture a tendance à masquer ce rapport d’exploitation que nous entretenons. Nous allons d’une part utiliser des mots qui masquent la réalité (ainsi, nous ne parlerons pas de chair de vache mais de viande boeuf par exemple), et d’autre part éloigner le consommateur de la réalité de l'abattage des animaux, qui se fait à huis-clos. Le consommateur n’est ainsi jamais confronté à un animal sentient qui souffre et qu’il voit être abattu avant de le consommer, mais voit simplement une morceau de viande dans une barquette qui semble “hors-sol” et qui lui permet de ne pas être confronté à la réalité du processus.

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    1. C'est pour ceci que le « ag-gag » (loi bâillon) est le plus grand ennemi des êtres sentients non humain. Et c'est d'ici que provient le dicton de Paul McCartney

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  16. L’étude des capacités cognitives des animaux et notamment le fait de savoir si les animaux sont des êtres sensibles joue en rôle considérable dans notre rapport à eux : en effet, à partir du moment où nous reconnaissons que les animaux sont des êtres sensibles pouvant souffrir, il devient difficilement défendable de ne pas prendre en compte cette souffrance, et encore moins de la provoquer sans réelle nécessité. Il existe de fait une tension importante entre de nombreux indices permettant de considérer que les animaux ressentent à différents niveaux (la simple observation permettant d’ailleurs de le constater) et une tendance de plus en plus forte à considérer les animaux comme de simples outils de production (élevage, recherche scientifique etc.).
    Il me semble que pour diminuer cette tension, notre culture a tendance à masquer ce rapport d’exploitation que nous entretenons. Nous allons d’une part utiliser des mots qui masquent la réalité (ainsi, nous ne parlerons pas de chair de vache mais de viande boeuf par exemple), et d’autre part éloigner le consommateur de la réalité de l'abattage des animaux, qui se fait à huis-clos. Le consommateur n’est ainsi jamais confronté à un animal sentient qui souffre et qu’il voit être abattu avant de le consommer, mais voit simplement une morceau de viande dans une barquette qui semble “hors-sol” et qui lui permet de ne pas être confronté à la réalité du processus.

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  17. Le ressenti c'est ce qui importe, que ce soit le nôtre ou celui des autres êtres sentients. Vous dites dans votre texte que l’évolution darwinienne est pragmatique et que d’un point de vue évolutif nous devrions tous être des psychopathes. Or, il s’agirait en fait d’une très mauvaise évolution que celle qui nous conduirait à des désordres émotionnels et des comportements antisociaux. Les psychopathes sont incapables de se conformer aux lois et aux normes sociales, ils ont tendances à tromper par profit et par plaisir, ce type de personne n’est pas l’archétype de l’évolution humaine, c’est tout à fait incongru de l’affirmer. Les gènes et le cerveau génèrent le ressenti, pourtant on n’a aucune idée de comment ni pourquoi le ressenti aurait évolué, et donc même à savoir : s’il a évolué. Vous mentionnez également qu’il n'y a pas de fondement rationnel à ne pas être indifférent à la souffrance d’autrui, j’en doute. Vous poursuivez en affirmant que nous n’avons aucune raison pour ne pas être psychopathes, si c’est ça qu’on est, si c’est ça qu’on ressent, mais ce n’est le cas que des psychopathes en fait. Vous affirmez également que la psychopathie se cultive par le mensonge, ce qui semble faux, la psychopathie relève d’un mélange entre la génétique et l’environnement et le seul attribut de la catégorie ‘’psychopathe’’ auquel le consensus scientifique soit arrivé relève d’une impossibilité empathique. Le fait de manger de la viande ne fait pas de l’être qui en mange un psychopathe, même s’il ne le fait pas par nécessité. Carnivore et psychopathe ne sont pas des synonymes.

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    1. La vaste majorité des humains ne sont pas des psychopathes (probablement parce qu'il faut au moins de l'empathie envers sa progéniture chez les mammifères -- sans ça leurs gènes ne se transmettent pas). Si on se porte quand-même comme des psychopathes, c'est probablement à cause de l'ignorance. (Voir le dicton de Paul McCartney ci-dessus.)

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  18. Le ressenti c'est ce qui importe, que ce soit le nôtre ou celui des autres êtres sentients. Vous dites dans votre texte que l’évolution darwinienne est pragmatique et que d’un point de vue évolutif nous devrions tous être des psychopathes. Or, il s’agirait en fait d’une très mauvaise évolution que celle qui nous conduirait à des désordres émotionnels et des comportements antisociaux. Les psychopathes sont incapables de se conformer aux lois et aux normes sociales, ils ont tendances à tromper par profit et par plaisir, ce type de personne n’est pas l’archétype de l’évolution humaine, c’est tout à fait incongru de l’affirmer. Les gènes et le cerveau génèrent le ressenti, pourtant on n’a aucune idée de comment ni pourquoi le ressenti aurait évolué, et donc même à savoir : s’il a évolué. Vous mentionnez également qu’il n'y a pas de fondement rationnel à ne pas être indifférent à la souffrance d’autrui, j’en doute. Vous poursuivez en affirmant que nous n’avons aucune raison pour ne pas être psychopathes, si c’est ça qu’on est, si c’est ça qu’on ressent, mais ce n’est le cas que des psychopathes en fait. Vous affirmez également que la psychopathie se cultive par le mensonge, ce qui semble faux, la psychopathie relève d’un mélange entre la génétique et l’environnement et le seul attribut de la catégorie ‘’psychopathe’’ auquel le consensus scientifique soit arrivé relève d’une impossibilité empathique. Le fait de manger de la viande ne fait pas de l’être qui en mange un psychopathe, même s’il ne le fait pas par nécessité. Carnivore et psychopathe ne sont pas des synonymes.

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    1. La vaste majorité des humains ne sont pas des psychopathes (probablement parce qu'il faut au moins de l'empathie envers sa progéniture chez les mammifères -- sans ça leurs gènes ne se transmettent pas). Si on se porte quand-même comme des psychopathes, c'est probablement à cause de l'ignorance. (Voir le dicton de Paul McCartney ci-dessus.)

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  19. En neurosciences il y a une distinction qui est faite entre deux fonctions neurologiques ; la douleur (la production par le cerveau d’un état qui est un état dans lequel on est lorsqu’on ressent de la douleur), les nocicepteurs et le ressenti. Il y a des gènes qui permettent d’apprendre quoi faire avec quoi et on a appris que les nocicepteurs (qui indiquent le dommage mais pas le ressenti du dommage) pourraient être le référent du « mal aux dents » et ce serait l’état où les nocicepteurs sont actifs dans la région des dents. Donc dans le cas de la douleur il y a quelque chose d’extérieur qui implique le ressenti et qu’il faille faire quelque chose, alors qu’avec la dépression ça vient de l’intérieur. En quoi alors serait-ce différent pour la dépression ?

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    1. J'aurais certains doutes concernant la distinction nociception/douleur. C'est une distinction entre l'activité des récepteurs du dommage physique externe et le ressenti du dommage physique externe. Mais en ce qui concerne la dépression, ce serait la même distinction: l'activité des récepteurs du dommage physique interne versus le ressenti du dommage physique interne. Ce qui complique c’est qu’on n’a aucune idée comment et pourquoi l’activité physique mènerait jamais au ressenti.

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  20. En neurosciences il y a une distinction qui est faite entre deux fonctions neurologiques ; la douleur (la production par le cerveau d’un état qui est un état dans lequel on est lorsqu’on ressent de la douleur), les nocicepteurs et le ressenti. Il y a des gènes qui permettent d’apprendre quoi faire avec quoi et on a appris que les nocicepteurs (qui indiquent le dommage mais pas le ressenti du dommage) pourraient être le référent du « mal aux dents » et ce serait l’état où les nocicepteurs sont actifs dans la région des dents. Donc dans le cas de la douleur il y a quelque chose d’extérieur qui implique le ressenti et qu’il faille faire quelque chose, alors qu’avec la dépression ça vient de l’intérieur. En quoi alors serait-ce différent pour la dépression ?

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    1. J'aurais certains doutes concernant la distinction nociception/douleur. C'est une distinction entre l'activité des récepteurs du dommage physique externe et le ressenti du dommage physique externe. Mais en ce qui concerne la dépression, ce serait la même distinction: l'activité des récepteurs du dommage physique interne versus le ressenti du dommage physique interne. Ce qui complique c’est qu’on n’a aucune idée comment et pourquoi l’activité physique mènerait jamais au ressenti.

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  21. Bon compléments. Et une autre chose: Les animaux non humains n'ont pas de détecteurs de parenté. Les humains ne les ont non plus, sauf depuis la génétique moléculaire. Donc il n'y a pas de frontière absolue entre le familial et le social -- même entre les espèces.

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  22. Bon compléments. Et une autre chose: Les animaux non humains n'ont pas de détecteurs de parenté. Les humains ne les ont non plus, sauf depuis la génétique moléculaire. Donc il n'y a pas de frontière absolue entre le familial et le social -- même entre les espèces.

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  23. Les humains sont des omnivores facultatif, capables de survivre en mode presque purement carnivore, ou purement herbivore.

    Je ne ferais pas trop de confiance aux études d'auto-reportage sur la diète ou la santé. Les études objectives sur les populations semblent tirer des conclusions contraires à cette étude d'auto-reportage sur les effets de la consommation de la viande...

    Oui, Fac quod iustum est: Caro non est edenda praeter necessitatem.

    Les ét

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  24. Je me demande parfois : qu’est-ce qui définit l’humanité, l’humanité dans le monde aujourd’hui ? est-ce la morale ou l’instinct ? ou un mélange des deux ?
    Ce qui m’amène à me poser cette question, est notre lien avec les animaux et aussi notre consommation de ces derniers. Comme vous le mentionnez dans votre texte, « nous sommes tous des psychopathes », car nous consommons des animaux, (c’est-à-dire nous élevons et abattons des animaux dans des conditions absolument horrible) dont nous savons qu’ils ressentent, pareille à des êtres humains. Cependant la consommation de viande ne date pas d’hier, étant omnivores, l’humain consomme de la viande depuis toujours et la consommation de cette dernière à même des avantages comparés à la consommation d’autres aliments.
    Dans un premier temps, on pourrait dire, donc, que notre consommation de viande découle de l’instinct. Mais, nous savons aussi que l’être humain à développer plein de comportements (d’habitudes) qui vont à l’encontre de l’instinct, de la survie, mais surtout, à développer une morale, qui dicte ce qui est bien et mal. Même si à l’intérieur de la morale, les définitions de bien et de mal peuvent changer avec les lieux, les époques et d’autres facteurs, elles demeurent omniprésentes dans les sociétés humaines. Mais alors pourquoi, si nous savons que les animaux ressentent comme les humains, nous continuons à leur faire du mal ?
    Selon moi, la morale n’est pas dissociée de l’instinct, et est même dépendante de l’instinct pour exister, alors que son rôle est justement d’être dissociée de l’instinct. La morale nous n’est pas tombée du ciel, nous n’est pas innée comme la grammaire universelle par exemple. La morale est apprise par essaie-erreurs et par instruction (par ouï-dire). Mais la source de cette instruction reste les humains, la morale ne découle pas de lois universelles.

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  25. Je me demande parfois : qu’est-ce qui définit l’humanité, l’humanité dans le monde aujourd’hui ? est-ce la morale ou l’instinct ? ou un mélange des deux ?
    Ce qui m’amène à me poser cette question, est notre lien avec les animaux et aussi notre consommation de ces derniers. Comme vous le mentionnez dans votre texte, « nous sommes tous des psychopathes », car nous consommons des animaux, (c’est-à-dire nous élevons et abattons des animaux dans des conditions absolument horrible) dont nous savons qu’ils ressentent, pareille à des êtres humains. Cependant la consommation de viande ne date pas d’hier, étant omnivores, l’humain consomme de la viande depuis toujours et la consommation de cette dernière à même des avantages comparés à la consommation d’autres aliments.
    Dans un premier temps, on pourrait dire, donc, que notre consommation de viande découle de l’instinct. Mais, nous savons aussi que l’être humain à développer plein de comportements (d’habitudes) qui vont à l’encontre de l’instinct, de la survie, mais surtout, à développer une morale, qui dicte ce qui est bien et mal. Même si à l’intérieur de la morale, les définitions de bien et de mal peuvent changer avec les lieux, les époques et d’autres facteurs, elles demeurent omniprésentes dans les sociétés humaines. Mais alors pourquoi, si nous savons que les animaux ressentent comme les humains, nous continuons à leur faire du mal ?
    Selon moi, la morale n’est pas dissociée de l’instinct, et est même dépendante de l’instinct pour exister, alors que son rôle est justement d’être dissociée de l’instinct. La morale nous n’est pas tombée du ciel, nous n’est pas innée comme la grammaire universelle par exemple. La morale est apprise par essaie-erreurs et par instruction (par ouï-dire). Mais la source de cette instruction reste les humains, la morale ne découle pas de lois universelles.

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  26. Selon le cours onze, rien d’autre n’importe que le ressentit. Dans un univers non sentient, rien n’importe. L’éthique et la moralité ne portent que sur le ressentit. Où il y a du ressentit, nous pouvons faire mal. Le bien et le mal, la douleur et le plaisir, la saveur et la souffrance, le luxe et la nécessité sont donc liés au ressentit et la subjectivité. Nous avions dit, dans le passé, que l’une des seules choses étant certaines étaient les mathématiques. Les incertitudes seraient alors les identités personnelles, les autres esprits et la sentiance non humaine entre autre.
    Le plus grand crime de l’humanité est ce que nous infligeons à l’espèce animale. Nous refusons de blesser un autre aitre humain ou de le tuer, car il « ressent » de la même manière que nous ressentons, mais il serait acceptable de faire tout ce que l’ont fait aux animaux? Il y a pourtant plusieurs études prouvant que les animaux ressentent eux aussi des émotions (la douleur antre autre) Nous savons même que les vaches ont des meilleures amies et qu’elles sont stressées et produisent moins de lait lorsqu’elles en sont séparer. Pourtant nous continuons d’affliger aux autres espèces des choses que nous qualifierions de crimes capitaux si nous les ferions vivre a d’autres humains seulement parce que l’homme s’est autoproclamé supérieur et plus important que les autres espèces.

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  27. Selon le cours onze, rien d’autre n’importe que le ressentit. Dans un univers non sentient, rien n’importe. L’éthique et la moralité ne portent que sur le ressentit. Où il y a du ressentit, nous pouvons faire mal. Le bien et le mal, la douleur et le plaisir, la saveur et la souffrance, le luxe et la nécessité sont donc liés au ressentit et la subjectivité. Nous avions dit, dans le passé, que l’une des seules choses étant certaines étaient les mathématiques. Les incertitudes seraient alors les identités personnelles, les autres esprits et la sentiance non humaine entre autre.
    Le plus grand crime de l’humanité est ce que nous infligeons à l’espèce animale. Nous refusons de blesser un autre aitre humain ou de le tuer, car il « ressent » de la même manière que nous ressentons, mais il serait acceptable de faire tout ce que l’ont fait aux animaux? Il y a pourtant plusieurs études prouvant que les animaux ressentent eux aussi des émotions (la douleur antre autre) Nous savons même que les vaches ont des meilleures amies et qu’elles sont stressées et produisent moins de lait lorsqu’elles en sont séparer. Pourtant nous continuons d’affliger aux autres espèces des choses que nous qualifierions de crimes capitaux si nous les ferions vivre a d’autres humains seulement parce que l’homme s’est autoproclamé supérieur et plus important que les autres espèces.

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  28. L’humain a tendance à placer sa personne et son propre bien être de l’avant. Prenons les réfugier de guerres et demandeurs d’exiles en exemple. Avec les guerres qui se multiplient, nombreux sont les gens demandant refuge, mais nous préférons rester dans notre dénis pour maintenir notre niveau de confort et continuons d’utiliser l’immigration comme levier économique. Nous voyons notre planète courir à sa perte, mais continuons de surconsommer et de surexploiter nos ressources pour enrichir les riches et rester dans notre zone de confort. Beaucoup décident de garder les yeux fermés sur toutes les horreurs qui se passe, parce que ça ne les affectent pas directement, mais si c’était à nous que ça arrivait? Si c’était notre famille qui était pris dans la guerre en Ukraine et que c’était notre confort qui était chamboulé?
    Le ressentit est tout ce qui importe c’est bien vrai, mais je me demande si parfois l’homme n’est pas trop égoïste et choisit de faire omission volontairement du ressentit d’autrui et des autres espèces, parce que cela l’arrange bien.

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  29. L’humain a tendance à placer sa personne et son propre bien être de l’avant. Prenons les réfugier de guerres et demandeurs d’exiles en exemple. Avec les guerres qui se multiplient, nombreux sont les gens demandant refuge, mais nous préférons rester dans notre dénis pour maintenir notre niveau de confort et continuons d’utiliser l’immigration comme levier économique. Nous voyons notre planète courir à sa perte, mais continuons de surconsommer et de surexploiter nos ressources pour enrichir les riches et rester dans notre zone de confort. Beaucoup décident de garder les yeux fermés sur toutes les horreurs qui se passe, parce que ça ne les affectent pas directement, mais si c’était à nous que ça arrivait? Si c’était notre famille qui était pris dans la guerre en Ukraine et que c’était notre confort qui était chamboulé?
    Le ressentit est tout ce qui importe c’est bien vrai, mais je me demande si parfois l’homme n’est pas trop égoïste et choisit de faire omission volontairement du ressentit d’autrui et des autres espèces, parce que cela l’arrange bien.

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  30. Concernant ce qui importe absolument, le ressenti et, plus spécifiquement, celui des autres esprits que nous traitons comme tels, en mettant en suspens leur capacité à ressentir de la souffrance malgré les preuves accablantes désormais portées au dossier, je souhaiterais poser quelques questions stratégiques. Le spécisme généralisé de l’humanité, dans toutes ses cultures et sociétés, ne fait désormais plus aucun doute, spécialement celui qui est véhiculé par une rationalité instrumentale : celle du capitalisme avancé et de sa propension à transformer la vie (celle des animaux dans les abattoirs et les élevages, évidemment, mais aussi celle des plantes dans les monocultures intensives et celle de la biosphère en général) en instrument et en réserve de valeur pour les processus d’extraction de la valeur. Nous nous plaçons ici au niveau de la sociologie compréhensive (la rationalité en valeur et en finalité de Weber) et de la théorie critique du capitalisme avancé. Or, puisque nous apprenons une grande part de nos catégories (comment se comporter fructueusement avec les choses du monde en « faisant la correcte chose avec les correctes sorte de chose » -soit en l’occurrence des membres innombrables d’espèces non-humaines vivant des conditions de vie abjectes) via la culture et la société dans lesquelles nous recevons l’instruction verbale, écrite et médiatique sur ce qui est convenable et ce qui est aberrant, comment réussir à mobiliser les mécanismes cognitifs que nous avons étudié cette session-ci sans d’abord chercher à opérer une conversion des valeurs et de ce qui importe? En clair, je ne suis pas sûr que ce soit par ignorance, au sens où les gens ne saisiraient pas consciemment ce dont il retourne dans les élevages industriels, que se perpétue l’état de fait généralisé présent. N’y aurait-il pas plutôt un effet de « déréalisation » de ce qui se passe dès que les événements sont loin de ceux et celles avec lesquelles nous entretenons des liens affectifs et sociaux directs? Dans un monde où beaucoup d’opérateurs humains des rouages de l’exploitation n’ont pas à croire en leur conscience morale intime en la légitimité de ce qu’ils font, mais doivent seulement aligner une certaine séquence de gestes afin de survivre socialement et économiquement (pensons ici aux travailleurs d’abattoirs qui sont souvent des migrants payés dans des conditions précaires et qui souffrent de plusieurs maux corrélatifs aux meurtres quotidiens qu’on -les entreprises profitant de ce business- leur fait exécuter : stress post-traumatique, maux de dos, rhumatisme, etc.), comment penser une solidarité inter-espèce efficace à l’échelle de nos sociétés industrielles? Comment se rendre compte qu’avant même la question de la consommation individuelle, le plus souvent, bien en amont, le système de production dans lequel nous vivons a déjà pour ainsi dire « jeté les dés » du sort de tous ces animaux otages de l’industrie de la viande? Autrement dit, comment agir sur les mécanismes cognitifs à l’échelle d’une société et d’une culture?

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  31. Concernant ce qui importe absolument, le ressenti et, plus spécifiquement, celui des autres esprits que nous traitons comme tels, en mettant en suspens leur capacité à ressentir de la souffrance malgré les preuves accablantes désormais portées au dossier, je souhaiterais poser quelques questions stratégiques. Le spécisme généralisé de l’humanité, dans toutes ses cultures et sociétés, ne fait désormais plus aucun doute, spécialement celui qui est véhiculé par une rationalité instrumentale : celle du capitalisme avancé et de sa propension à transformer la vie (celle des animaux dans les abattoirs et les élevages, évidemment, mais aussi celle des plantes dans les monocultures intensives et celle de la biosphère en général) en instrument et en réserve de valeur pour les processus d’extraction de la valeur. Nous nous plaçons ici au niveau de la sociologie compréhensive (la rationalité en valeur et en finalité de Weber) et de la théorie critique du capitalisme avancé. Or, puisque nous apprenons une grande part de nos catégories (comment se comporter fructueusement avec les choses du monde en « faisant la correcte chose avec les correctes sorte de chose » -soit en l’occurrence des membres innombrables d’espèces non-humaines vivant des conditions de vie abjectes) via la culture et la société dans lesquelles nous recevons l’instruction verbale, écrite et médiatique sur ce qui est convenable et ce qui est aberrant, comment réussir à mobiliser les mécanismes cognitifs que nous avons étudié cette session-ci sans d’abord chercher à opérer une conversion des valeurs et de ce qui importe? En clair, je ne suis pas sûr que ce soit par ignorance, au sens où les gens ne saisiraient pas consciemment ce dont il retourne dans les élevages industriels, que se perpétue l’état de fait généralisé présent. N’y aurait-il pas plutôt un effet de « déréalisation » de ce qui se passe dès que les événements sont loin de ceux et celles avec lesquelles nous entretenons des liens affectifs et sociaux directs? Dans un monde où beaucoup d’opérateurs humains des rouages de l’exploitation n’ont pas à croire en leur conscience morale intime en la légitimité de ce qu’ils font, mais doivent seulement aligner une certaine séquence de gestes afin de survivre socialement et économiquement (pensons ici aux travailleurs d’abattoirs qui sont souvent des migrants payés dans des conditions précaires et qui souffrent de plusieurs maux corrélatifs aux meurtres quotidiens qu’on -les entreprises profitant de ce business- leur fait exécuter : stress post-traumatique, maux de dos, rhumatisme, etc.), comment penser une solidarité inter-espèce efficace à l’échelle de nos sociétés industrielles? Comment se rendre compte qu’avant même la question de la consommation individuelle, le plus souvent, bien en amont, le système de production dans lequel nous vivons a déjà pour ainsi dire « jeté les dés » du sort de tous ces animaux otages de l’industrie de la viande? Autrement dit, comment agir sur les mécanismes cognitifs à l’échelle d’une société et d’une culture?

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PLAN DU COURS

  ISC1000-20, hiver 2022:  Catégorisation, communication et conscience Heure:  mardi 18h00-21:00 Salle du cours: DS-4375  Zoom Enseignant:  ...