mardi 4 janvier 2022

6. L'apprentissage des catégories et la perception catégorielle

 Harnad, S. (2005) To Cognize is to Categorize: Cognition is Categorization, in Lefebvre, C. and Cohen, H., Eds. Handbook of Categorization. Elsevier.  

We organisms are sensorimotor systems. The things in the world come in contact with our sensory surfaces, and we interact with them based on what that sensorimotor contact “affords”. All of our categories consist in ways we behave differently toward different kinds of things -- things we do or don’t eat, mate-with, or flee-from, or the things that we describe, through our language, as prime numbers, affordances, absolute discriminables, or truths. That is all that cognition is for, and about.

Borges: Funes le mémorieux
Harnad, S. (2003b) Categorical Perception. Encyclopedia of Cognitive Science. Nature Publishing Group. Macmillan.

L’hypothèse Sapir-Whorf
Differences can be perceived as gradual and quantitative, as with different shades of gray, or they can be perceived as more abrupt and qualitative, as with different colors. The first is called continuous perception and the second categorical perception. Categorical perception (CP) can be inborn or can be induced by learning. Formerly thought to be peculiar to speech and color perception, CP turns out to be far more general, and may be related to how the neural networks in our brains detect the features that allow us to sort the things in the world into their proper categories, "warping" perceived similarities and differences so as to compress some things into the same category and separate others into different categories.
2021: VIDÉO DU Cours 16 mars

PPT 2019:





SEMAINE 5 2018


Catégorisation I.



Catégorisation II.




résumé langue anglaise:




Cours ISC1000 2017

Cours ISC1000 2016 1:


Cours ISC1000 2016 2:


Cours ISC1000 2016 3:


Cours ISC1000 2016 4:

37 commentaires:

  1. La catégorisation influence-t-elle la perception?

    Il existe diverses hypothèses : le langage et la cognition sont des facultés indépendantes, le langage influence la façon dont on pense (hypothèse Sapir/Whorf), dont on perçoit. D’autres diront plutôt l’inverse, que c’est la pensée qui façonne le langage puisque l’idée précède le mot.

    Si on a réussi à démontrer que le bleu dans une langue donnée est le même bleu dans une autre langue, pourrait à croire que l’organisation mentale qui structures nos catégories. Il faut savoir pourtant que certains peuples qui ne vivent pas dans le même type de paysages n’ont pas cette capacité à reconnaître les bleus mais peuvent rapidement identifier une nuance de couleur terreuse.

    Ainsi, pour comprendre le sens d’un mot, il va sans dire qu’il faut d’abord avoir le référent. Reprenons l’idée de la POMME ROUGE, dans cet exemple, l’idée de la POMME se présente sous la forme d’une image mentale prototypée. Ce sont ces traits sous-jacents qui forment la sémantique des mots et leur donnent sens. On peut appliquer les mêmes principes à la grammaire dans une langue donnée. Les structures de celles-ci ne sont pas formelles. Ainsi, dans beaucoup de langues, l’expression du temps est décrite en termes d’espace. On dit «après-demain», par exemple. Dans le même sens, toutes les langues n’attribuent pas de genre aux mots: en anglais la plupart des mots sont neutres.

    Le langage comme médiateur ou agent de liaison qui déclenche lesdites idées: le mot INDUIT l’idée. Ainsi dans LA POMME ROUGE EST SUR LA TABLE, on suppose que la pomme rouge est sur la table de la cuisine, et non pas sur une table de massage ou de médecin; c’est implicite, la catégorisation permet de décoder.

    Il y a deux méthodes d’apprentissage (des catégories, entre autres): l’expérimentation par essai-erreur et l’expérience partagée qui implique d'obtenir l’information via quelqu’un qui a expérimenté. Pour la deuxième, le langage est nécessaire.

    Le caractère interactionnel du langage a permis d’évoluer pour en arriver jusqu’à l’Homo Sapiens. Transmettre des informations précises et communiquer sur des choses hypothétiques ou hors du présent ou de notre vue a-t-elle permis d’éviter des dangers? De développer une double réalité? Objective et imaginée ou imaginaire/subjecgive.

    Le débat entre l’inné et l’acquis ne semble pas tellement fertile.
    Bien qu'il existe effectivement deux types de perception. La perception continue et la perception catégorique. La perception catégorique peut être innée ou apprise. La perception continue est liée quant à elle à au mécanisme en cause dans les réseaux neuronaux qui détectent les caractéristiques qui nous permettent de catégoriser.

    Comment est-ce que tout ça est lié à la rétroingénierie? En écoutant le cours sur l'ancrage des symboles et faisant un lien avec la catégorisation et les différentes lectures je présume que la modélisation computationnelle du langage examine la dynamique du langage qui comme chez l’homme, pourrait être évolutive et interdisciplinaire.

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    1. La ciélo est longue, mais je ne sais pas d'où provient la majorité de ses contenus: ni des lectures, ni des cours. L'objectif des ciélos est de communiquer à la soeur-cadette ce que tu as appris à ârtir des cours et des lectures. Comme ça, indirectement, je pourrai évaluer ton progrès.

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    2. À partir de maintenant, stp cite un bref extrait de la lecture sur laquelle tu es en train de commenter, pour focaliser ton commentaire.

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  2. « But of course, our sensorimotor systems do not give equal weight to all features; they do not even detect all features. And among the features they do detect, some (such as shape and color) are more salient than others (such as spatial position and number of feathers). »

    Le fait que nos capacités sensorimotrices n’accordent pas une importance égale à tous les stimuli présents dans l’environnement est excellent. Nous avons une perception catégorielle qui, sent trop y réfléchir, nous permet de diriger notre attention sur des éléments dangereux et de faire abstraction du reste, ce qui est adaptatif. Par exemple, lorsqu’on conduit une voiture et qu’on voit des cônes oranges, ceux-ci appartiennent à une catégorie à part des autres stimuli présents et attirent donc notre attention. Même si les frontières entre les catégories sont souvent floues, la couleur orange des cônes contraste avec le reste de l’environnement. Pour les individus daltoniens ne distinguant pas les couleurs, cette différence catégorielle est moins « innée », mais plus « acquise ». Ils apprennent plutôt la forme conique de l’objet qui prévient de plusieurs dangers. On se dit premièrement qu’il ne faut pas foncer à l’endroit où se trouve les cônes puisqu’ils signifient peut-être que la rue est bloquée, qu’il y a un trou ou tout autre événement peu enviable pour un automobiliste. Bref, cette perception catégorielle est une partie importante de la cognition. La façon dont on apprend les catégories semble être un hybride entre l’apprentissage sensorimotrice et linguistique.

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    1. Que serait le rôle que joue la perception sélective des attributs dans l'apprentissage des nouvelles catégories?

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  3. D’ailleurs, ça m’a permis de constater que dans le texte portant sur les champignons, cette combinaison hybride entre l’apprentissage sensorimotrice et linguistique pour apprendre les catégories, la méthode d’acquisition par capture symbolique (davantage linguistique) a un avantage sur la méthode sensorimotrice (essai erreur). Bien qu’on a besoin de nos sens pour apprendre à verbaliser nos apprentissages, c’est une chance qu’on puisse utiliser le langage pour avertir les autres des distinctions entre les catégories. Dans l’exemple des champignons, si nous avions seulement la technique essai-erreur, bien des vies seraient sacrifiées inutilement pour que les autres apprennent par imitation. Le langage est donc un outil puissant de la cognition et peut même sauver des vies puisqu’on l’utilise afin de prévenir d’éventuels tests gustatifs de champignons étant donné qu’on partage oralement nos connaissances sur les catégories à éviter.

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    1. Bon constat. Mais n'oublie pas qu'une certaine quantité d'apprentissage sensorimoteur doit précéder l'apprentissage verbale. Comment est-ce lié au problème de l'ancrage des symboles?

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  4. Connaître c’est catégoriser : la cognition est catégorisation
    Nous connaissons le monde à travers notre contact sensori-moteur, grâce à ce contact nous répondons. Nous réalisons des manipulations et nous sommes capables d’identifier différentes sortes des éléments ou objets. On catégorise selon des caractéristiques essentielles.
    Il y a des caractéristiques constantes ou invariables. Le cerveau est sélectif et ramasse des caractéristiques invariables appelées les affordances.
    Les affordances sont perçues et exploitées par l’être humain et ou les animaux.

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    1. « On catégorise selon des caractéristiques essentielles »

      Caractéeristiques essentielles à quoi? Et qu'est-ce qu'une catégorie? et qu'est-ce de « catégoriser » ?

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    2. A travers nos sens, nous captons les caractéristiques essentielles de toutes les choses du monde (objets). Ces caractéristiques sensorimotrices invariantes sont les affordances.
      Catégoriser veut dire : faire la correcte chose avec la correcte sorte de chose. Il y a une interaction différentielle systématique entre un système sensori-moteur autonome et adaptatif et son monde. Alors, quand je catégorise j’observe une certaine affordance d’un objet par exemple, dans le dictionnaire je peux observer que les mots sont catégorisés : nom, adjectif, verbe, adverbe. On est parti de l’affordance mot pour catégoriser.
      On pourrait affirmer que les catégories sont bien apprises par un apprentissage corrigé.
      Malgré le fait que certains auteurs (Fodor et Chomsky) s’inclinent plus pour la catégorisation innée.
      Selon Chomsky, la capacité de détecter et à générer des chaînes des mots conformes à UG n’est façonné ni par l’apprentissage ni par l’évolution; il est plutôt en quelque sorte inhérent.


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    3. C'est quoi la différence entre « inhérent » et « inné » (donc évolué)?

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    4. Inhérent c’est le lien indestructible entre un objet ou élément par exemple : la beauté est inhérente à la fleur, la couleur…
      L’inné correspond à une propriété que l’objet possède depuis sa naissance; par exemple les capacités motrices des êtres humains qui les amènent vers la marche bipède.

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  5. Hypothèse de Sapir-Whorf
    Théorie : une langue est influencée par le savoir-faire et savoir être de ses locuteurs
    Whorf manifeste que nous interprétons le monde à travers des concepts; un accord qui est à l’intérieur d’une communauté. Cet accord est implicite à notre interprétation et il est à la fois obligatoire. Notre langue native possède des codes. L’organisation et classification de ces codes dépendent de cet accord.

    Sapir : La langue est plus qu’un outil de communication et expression. Chaque réalité sociale possède sa propre langue. Les interprétations varient selon les mondes. Le monde réel est construit d’une façon inconsciente sur les habitudes linguistiques.

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    1. Je ne sais pas d'où proviennent ces affirmations. C'est ni dans les lectures, ni dans les cours. Le but des ciélos est de discuter le contenu des lectures, des cours, et des répliques aux ciélos. Je ne peux pas constater ce vous avez lu, appris et compris si vous discutez autre choses qui ne figurent pas dans ce cours.

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    2. Bonjour Stevan,
      Les affirmations viennent du texte de l'Hypothèse de Sapir et Whorf
      Citations en bas.

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    3. (En bas de quoi? C'est Wikipédia? Si oui, je l'enlèverai car ce n'est pas pertinent.)

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    4. Je ne suis pas certaine de cette source

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  6. Pour frère/sœur cadette :
    La catégorisation joue un rôle fondamental dans l’apprentissage. Par catégorisation, on entend un regroupement et une discrimination des caractéristiques de toutes choses du monde extérieur (objets, sons, odeurs, etc.) perçu par notre système sensorimoteur. Afin de regrouper nous devons absolument avoir la capacité d’abstraction (ou plutôt, l’incapacité de se rappeler de tout), comme nous l’avons dans le texte grâce à l’exemple de Funes. Par abstraction, on entend le fait pouvoir apporter plus de poids à certaines caractéristiques (du monde extérieur) que d’autres (discrimination). Funes est un personnage fictif qui avait la capacité de se rappeler de tout (toutes les caractéristiques de toutes choses qui l’entoure à un moment donné) également et en tout temps. De ce fait il était incapable d’abstraction, donc incapable de catégorisation et donc d’apprentissage.

    De prime abord, la catégorisation se fait par essaie-erreur, et d’un feed-back de cette expérience (essaie-erreur). Mais un tel fonctionnement nous amènera indubitablement à notre perte, comme nous pouvons le voir dans « Le Martien, les champignons et les réseaux de neurones ». C’est là que le langage s’impose comme outil pour l’apprentissage : il permet l’apprentissage sans l’expérience essaie-erreur (bien sûr quelqu’un doit avoir fait l’expérience essaie-erreur, ou l’avoir observé, au moins une fois avant de pouvoir la communiquer). Le langage permet donc une catégorisation ce qui sous-entend un système de compréhension des symboles (être capable de comprendre les symboles pour pouvoir les catégoriser), mais on en revient au problème d’ancrage des symboles…

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    1. Bon résumé.

      La catégorisation n’est pas pour « regrouper » (ça c’est plutôt la classification) mais pour agir (correctement) : faire la bonne chose avec la bonne sorte (catégorie) de chose. Manger ce qui est mangeable, se sauver de ce qui est dangereux. Parfois c’est pour identifier les sortes de choses (« pomme » « fruit ») en les dénommant (et parfois c’est pour les classifier…) Mais c’est toujours en faisant quelque chose, une action, et cette action peut être correct ou incorrect. (Ce qui réduit l’incertitude concernant ce qu’il faut faire avec quoi s’appelle « l’information ».)

      L’importance du feedback est pour savoir si on a fait la bonne chose ou la mauvaise chose.

      L’abstraction, c’est pour détecter les attributs qui distinguent la sorte de choses avec lesquelles il faut faire ceci et la sorte de choses avec lesquelles il faut faire cela.

      C’est quoi le lien entre l’apprentissage sensorimoteur des attributs d’une catégorie et les apprendre verbalement?

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  7. L’hypothèse de S/W est que le langage peut avoir deux sortes d’effets : L’hypothèse S/W forte (déterminisme linguistique) parle de l’effet du langage sur notre perception ; les mots détermineraient notre perception du monde qui ne pourrait s’organiser sans le langage. L’hypothèse S/W faible (relativisme linguistique) défend que sous certaines conditions l’apprentissage des catégories et les langues peuvent influencer notre perception du monde.

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  8. Voici une réflexion qui me vient : l’ancrage sensori-moteur dépend d’une personne à l’autre car cela dépend de la culture, de l’âge et de toutes sortes de caractéristiques personnelles j’imagine car chacun n’utilise pas les mêmes attributs pour distinguer les différentes catégories. Pourtant on arrive, la plupart du temps à se comprendre, donc il y aurait quand même une similarité minimale entre les catégories. Donc les catégories ne sont pas figées mais plutôt modulables par rapport à nos expériences du monde ?

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    1. Modulable, mais aussi approximatives, et sous-déterminées. Explique ça.

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    2. Elles sont sous-déterminées, cela signifie qu'il y a plusieurs solutions possibles. Un exemple pour expliquer cela est celui de l'arc-en-ciel : Si on parle une langue qui a deux mots pour le spectre visible bleu/vert alors on verra deux couleurs mais si il y a un seul mot pour désigner la couleur bleu/vert alors ces personnes vont voir une seule couleur car ils n’ont pas deux mots pour distinguer les deux catégories que l’autre langue fait. Cet exemple montre la sous-détermination des catégories et explique aussi l'hypothèse forte W/S (le langage détermine ce qu'on voit dans le monde).

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    3. D'abord, l'exemple de l'arc-en-ciel s'est avéré incorrect. On voit les couleurs pareillement, peu importe comment les dénomme notre langue!

      tu as raison pour ce qui est la sous-détermination, mais ceci n'en est pas un exemple. Donnes-en plusieurs exemples pour assurer qui tu a saisi le sens de la sous-détermination. (Sans ça, ta réponse est sous-déterminée!)

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  9. La cognition serait de la catégorisation c’est-à-dire rechercher des attributs sensori-moteurs qui distinguent les membres des non membres de catégories, d’abord directement puis éventuellement verbalement lorsqu’on aurait déjà ancré un vocabulaire suffisant d’attributs distinctifs. Par le biais de l’évolution, cela nous permettrait d’interagir mieux avec notre environnement puisque grâce à la catégorisation on est de plus en plus capables de faire la distinction entre les bonnes et les mauvaises choses.

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    1. C'est grâce à la capacité d'apprendre à catégoriser qu,on apprend quoi faire avec quoi. Mais c'est quoi qui rend l'apprentissage verbal une puissance nucléaire par rapport à l'apprentissage sensorimoteur (qui, à son tour, est une puissance nucléaire par rapport à l'évolution darwinienne)?

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  10. “La cognition c’est la catégorisation”
    Mais qu’est-ce que la catégorisation? C’est de « faire la bonne chose au bon moment. » Pour faire la bonne chose, il faut d’abord pouvoir être en mesure de la catégoriser. La catégorisation est intimement liée à l’apprentissage et à la capacité d’abstraction. Le but n’est pas d’absorber tout ce que nos systèmes sensoriels perçoivent mais d’être en mesure de les catégoriser par essai et erreur et d’éliminer certaines informations qui ne correspondent pas ou qui ne réduit pas l’incertitude. Ce processus est donc abstrait. C’est un processus externe qui nous permet d’apprendre à faire la bonne chose au bon moment lorsque faire la bonne chose permet une conséquence positive. Un peu comme les théories de Skinner en ce qui a trait à la récompense ou la punition suite à une action spécifique. C’est donc une interaction avec le monde extérieur, une comparaison, qui permet l’apprentissage est c’est le langage qui offre cet avantage que seule notre espèce possède. C’est ce qu’on appelle l’entraînement supervisé de la catégorisation, ce nécessaire feedback provenant de l’extérieur qui permet de créer l’apprentissage à partir d’une adéquation positive entre un élément comparé à un autre.

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  11. Dans le cadre d’un cours de sciences humaines l’an dernier, j’avais effectué une recherche sur la théorie de Sapir-Whorf. Lors de cette dernière, j’avais dû tenter de trouver, grâce à divers textes, quelle était la corrélation entre les diverses langues parlées et nos pensées, et je trouve que mes découvertes faites lors de l’écriture de ce dernier complémentent bien les lectures de cette semaine. Je ne vais pas retranscrire ici ce travail, mais mes conclusions étaient que la langue parlée avait un impact sur les cognitions, certains mots ou concepts ayant des variations dans leurs significations en fonction du langage dont il est question (un bon exemple de ceci serait l’individualisme), mais que celui-ci ne correspondait pas à la théorie forte, le déterminisme linguistique, de Sapir et Whorf (qui dit que l’entièreté de nos raisonnements sont contenues dans notre vocabulaire, et qu’il nous est impossible de penser en dehors de ce dernier). Ceci est parce que nous avons accès à des concepts et schèmes mentaux avant même de pouvoir s’exprimer avec des mots et des phrases cohérentes. On peut savoir ce qu’est un chat sans avoir à faire une analyse de cas par cas — on sait qu’ils ont, entre autres, quatre pattes, deux oreilles pointues et une queue, et que si quelque chose ne correspond pas à ces critères, ce n’en est pas un. Ce raisonnement s’applique malgré la langue parlée ou si un individu n’en parle pas du tout (pensons à un bébé, qui ne parle pas encore, mais qui reconnait certains animaux). Les divers langages n’affectent pas nos pensées en termes de reconnaissance de concepts, et ne gouvernent donc pas toutes nos pensées.

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  12. Un peu comme la cognition serait aussi (mais plus que) la computation, la cognition serait aussi, (mais plus que), la catégorisation, alors. Même seulement modéliser la rationalité humaine requerrait possiblement de modéliser les erreurs de raisonnement que nous faisons, *précisément de la manière dont nous les faisons*, avec nos erreurs et biais cognitifs.
    Ces erreurs et biais ne seraient, ainsi, pas seulement des erreurs de catégorisation. Puisque ces biais cognitifs impliquent aussi des biais perceptuels et des conditions d’expérience sensible, la question de la catégorisation nous pousserait alors elle-aussi à conclure qu’il faut avoir accompli le T3 comme condition nécessaire pour pouvoir accomplir les objectifs du T2 (et, possiblement, qu’il faudrait même le T4 pour pouvoir faire le T3, etc. quoique personnellement je n’affirmerais pas cela comme conclusion avec un haut degré de certitude).

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  13. Charlotte Guilbault23 février 2022 à 13 h 04

    Cette ciélo portera sur le cours d’hier. Nous disions, lors des cours précédents, que la catégorisation était le fait de faire la bonne chose avec la bonne sorte de chose. Lors du cour d’hier, nous avons mieux décrit ce principe. Il s’agirait en fait d’identifier les attributs communs des objets d’une même catégorie. De plus, la catégorisation est liée au langage, comme le fait de dénommer permet la catégorisation. Il ne faut pas oublier que, lorsque nous dénommons quelque chose, on le définit et non pas décrit.
    Nous avons aussi aborder les thèses fortes et faibles de Sapir-Whort. La thèse forte serait que la langue détermine ce que l’ont voit et la thèse faible voudrait que le langage aurait un impact sur la perception catégorielle. Parlons justement de la perception catégorielle. Certains détecteurs serait appris, comme les différents types de neige pour les inuits, et d’autres seraient innés, comme les couleurs de l’arc-en-ciel. Ici, l’exemple de l’arc-en-ciel nous permet de dire que l’hypothèse forte de Sapir-Whort est fausse et que leur hypothèse faible est véridique, comme le langage ne détermine pas notre perception, mais l’influence! Tous les individus sains perçoivent les différents spectres dans l’arc-en-ciel. Cependant, la perception catégorielle va varier selon notre origine et qui nous sommes comme individus.

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  14. La catégorisation est l’une des fonctions de la cognition, tout comme la computationnalisation. Catégoriser c’est faire la bonne chose avec la bonne sorte de chose. Plus précisément, c’est la capacité qu’à l’humain à discriminer, selon les différents attributs ou traits distinctifs perçu par notre système sensorimoteur, un objet ou un phénomène quelconque pour apprendre ce qu’il faut faire ou ne pas faire avec. On peut ainsi identifier des objets, savoir quoi manger, savoir quoi éviter, savoir quand aller à tel endroit, etc. La catégorisation peut se faire de diverses manières s’exprimant par stade ou par grade. Le premier stade est la catégorisation par essai-erreur, guidé par une rétroaction, soit l’analyse des conséquences de l’essai, si les conséquences sont bonnes, on marque, si elles sont négatives, on marque également, mais la marque discrimine la chose en question et s’avère donc différente dans l’un ou l’autre des cas. La capacité d’abstraction est une caractéristique essentielle de la catégorisation, elle permet d’apporter plus ou moins d’importance à certaines caractéristiques des objets qui nous entourent et contribue ainsi à la catégorisation. Le deuxième stade de catégorisation implique l’utilisation du langage, en codant les expériences sensorimotrices avec des symboles et en les partageant, on réduit significativement le recours à l’essai-erreur, on sauve ainsi du temps et de l’énergie. C'est la méthode d’acquisition par capture symbolique.

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  15. Selon l’hypothèse faible de Sapir-Whorf (relativisme linguistique), notre langage modifierait ce que l’on perçoit du monde et notre manière d'interagir avec lui. Notre langue influerait donc sur notre capacité à catégoriser les objets et notre perception catégorielle du monde différait en fonction de notre langue natale. Il utilise pour cela l’exemple de l’arc-en-ciel : selon lui, le fait d’avoir des mots pour désigner certaines couleurs serait ce qui nous permet de distinguer les bandes de couleurs, alors qu’en réalité il s’agit d’une variation continue d’ondes lumineuses. Pourtant, les expérimentations montrent que cette perception catégorielle des couleurs est en réalité innée (issue d’un processus évolutif), les enfants étant par exemple capables de discerner le vert du bleu avant de posséder le langage.
    Mais il existe d’autres exemples pour lesquels cette hypothèse s’applique réellement : il a été démontré par exemple qu’il est possible de s’entraîner à catégoriser efficacement des types de textures que nous n’arrivons initialement pas à discriminer. Un autre exemple qui me semble également être de cette nature est l’umami : en français, nous considérons que nous n’avons que 4 goûts de base: le sucré, le salé, l’acide et l’amer. Pourtant, en japonais, il existe un cinquième goût : l’umami. Le fait de ne pas avoir nommé ce goût dans notre langue, et de ne pas l’avoir intégré à notre culture fait que nous ne parvenons pas naturellement, sans apprentissage, à percevoir si un aliment a possède ou non le goût umami.

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    1. (et ce bien que nous possédions un récepteur dédié à ce goût sur la langue).

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  16. Nous pourrions considérer que les différents modes d’apprentissage (implicite et explicite) ainsi que les styles d’interactions qui nous permettent de les réaliser forment ici l’une des problématiques centrales du cours. Commençons d’abord par rappeler qu’un apprentissage implicite pourrait consister à établir une relation d’ « accointance » (disons une relation de fréquentation d’un état de fait dans le monde, d’un objet, d’une conjoncture ou d’un événement), éventuellement passivement en ayant rencontré un ensemble de traits dispositionnels d’un objet. Ces traits dispositionnels ou propriétés physico-chimiques telles que les perçoivent nos organes établissement la relation sensori-motrice avec le monde externe et notre conscience conçue comme opération de notre système nerveux central, nous pouvons les classer, par la fréquentation passive, mais nous pouvons aussi, plus précisément, les catégoriser. Cette dernière opération est à la fois innée dans l’interaction sensorimotrice avec les seuils de perception (ce qui nous fait classer comme degrés d’un continuum ou choses différentes -relativement exclusives) permettant de discriminer (évaluer relativement entre plusieurs choses) ou de catégoriser au sens propre (comprendre cognitivement ce qu’est une chose, en pouvant interagir de façon fructueuse pour nous avec elle). Cette catégorisation peut donc être opérée lorsque nous en venons à l’interaction sensorimotrice avec l’état de fait ou la chose et que cet apprentissage supervisé (dans ce cas-ci par l’évolution et donc ce qui est fructueux ou infructueux pour nous) donne lieu à la perception catégorielle. Nous définirons plus avant cette dernière notion dans la prochaine ciélographie.

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  17. La perception catégorielle, outre le fait de résulter de l’interaction sensorimotrice avec notre environnement, peut aussi être affectée par nos apprentissages verbaux (par ouï-dire, c’est-à-dire par instruction verbale et culturelle). Elle peut aussi être influencée par nos concepts (en extension, à travers des listes de membres d’un ensemble formant une approche de la catégorie ou en intension, c’est-à-dire à travers une définition appropriée à l’aide de propositions verbales susceptibles d’être vraies ou fausses-sujet, copule, prédicat). Ces catégories, ou concepts, peuvent nous être transmis par nos proches dans notre milieu social, ou éventuellement par des formes plus générales d’interactions sociales et culturelles. Si l’on pensait d’abord que la perception catégorielle était une spécificité de notre capacité humaine d’apprendre le langage (ce que Chomsky nomme la faculté humaine de langage qui se paramètre selon nos conditions sociales et culturelles à partir de notre grammaire générative universelle -sur laquelle nous reviendrons plus loin), nous savons désormais qu’elle est plus vaste que cela. Elle concerne ainsi autant notre sensibilité à comparer et discriminer des phonèmes que des couleurs, pourtant continues sur le plan strictement physique de la longueur d’onde, mais perçues comme séparées entre des catégories distinctes (comme bleu ou vert) ou compressées entre des catégories rapprochées (variantes de rouge). La description linguistique et l’instruction reçue par ouï-dire complètent les catégories que nous formons par la relation sensorimotrice au monde à partir des classes par apprentissage passif (fréquentation neutre de l’état de fait considéré) et par apprentissage actif (supervisé, soit par l’évolution et la sélection adaptative, soit par l’instruction verbale par un tiers, ou, formellement, pour une intelligence artificielle comme un réseau neuronal, par rétro-propagation de l’erreur et correction ou encore par les poids synaptiques respectifs des neurones par rapport aux inputs dans le cas des modèles connexionniste). L’intuition initiale des linguistes Sapir et Whorf, souvent résumée dans la thèse de Sapir-Whorf, a été partiellement invalidée dans sa version forte (les contenus linguistiques d’une culture donnée structurent la perception catégorielle) et partiellement soutenue dans sa version faible (les descriptions verbales linguistiques ont un impact relatif sur notre perception catégorielle, mais pas exclusivement). La perception catégorielle est donc un candidat intéressant pour construire un mécanisme causal qui permettrait d’illustrer dans nos modèles computationnels le processus de catégorisation, qui peut s’assimiler, avec l’interaction sensorimotrice à la cognition telle que nous pouvons l’approcher aujourd’hui théoriquement et pratiquement.

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  18. Léo Caron-Guillemette1 mai 2022 à 19 h 30

    Le texte auquel vous avez contribué intitulé Le Martien, les champignons et les réseaux de neurones, commence en soulignant un problème à la fois simple et frappant en ce qui concerne l’axiome de base de toutes thèses évolutionnistes/darwiniennes : si toutes les caractéristiques de tous les êtres vivants peuvent être expliquées en fonction du rôle qu’elles ont joué qui a permis de favoriser la survie et/ou la reproduction de l’espèce, alors qu’est-ce qui explique que les humains aient développer une capacité langagière alors que toutes les autres espèces présentes ont su survivre sans elle ? En d’autres termes, il s’agit de parvenir à expliquer pourquoi les humains en particulier ont eu à développer le langage alors que les autres espèces ont pu s’en passer. Ce questionnement amène à se pencher sur le rôle de l’apprentissage par catégorisation dans l’évolution, puis, du fait de donner un nom à ces catégories, ce que je trouve captivant.

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PLAN DU COURS

  ISC1000-20, hiver 2022:  Catégorisation, communication et conscience Heure:  mardi 18h00-21:00 Salle du cours: DS-4375  Zoom Enseignant:  ...