Pinker, S. & Bloom, P. (1990). Natural language and natural selection. Behavioral and Brain Sciences13(4): 707-784.
Blondin Massé et al (2012) Symbol Grounding and the Origin of Language: From Show to Tell. In: Origins of Language. Cognitive Sciences Institute. Université du Québec à Montréal, June 2010.
Vincent-Lamarre, Philippe., Blondin Massé, Alexandre, Lopes, Marcus, Lord, Mèlanie, Marcotte, Odile, & Harnad, Stevan (2016). The Latent Structure of Dictionaries TopiCS in Cognitive Science 8(3) 625–659
Le succès adaptatif des organismes dépend de la capacité de faire la bonne chose avec le bon type de chose. C'est la catégorisation. La plupart des espèces peuvent apprendre des catégories par expérience directe (induction). Seuls les êtres humains peuvent acquérir des catégories par ou i-dire (instruction). Les simulations de vie artificielle montrent l'avantage évolutif de l'enseignement par rapport à l'induction. Les expériences électrophysiologiques montrent que nos deux façons d'acquérir les catégories partagent encore certaines caractéristiques communes. Les analyses graphique-théoriques montrent que les dictionnaires sont constitués de mots plus concrets, acquis à partir de l'expérience directe; et le sens des mots dans le reste du dictionnaire peuvent être appris à partirs de la définition seule, en combinant les mots de base dans les propositions sujet / prédicat avec des valeurs véridiques (vrai/faux). Le langage est advenu lorsque le mime intentionnel a été converti en séquences arbitraires de noms de catégories partagées décrivant et définissant de nouvelles catégories via des propositions.
POUR UNE IDÉE PLUS DIRECTE DE QUOI IL S'AGIT:
JOUEZ LE JEU DU DICTIONNAIRE
Harnad, S. (2004). Retour à la tradition orale: écrire dans le ciel à la vitesse de la pensée.
Saint-Gerand, J. P. (2014). Steven Pinker, L'instinct du langage. Questions de communication, (2), 236-237.
Demoule, J. P., Encrevé, P., & Laks, B. Origine de l'homme, origine des langues: retrospective et perspectives.
François, J. (2014). L’émergence et l’évolution du langage humain du point de vue des neurosciences. Corela. Cognition, représentation, langage, (12-2).
Rastier, F. (2006). De l’origine du langage à l’émergence du milieu sémiotique. Marges linguistiques, 11, 297-326.
Savage-Rumbaugh, E. S., M Fields, W., Pasquier, R., Savy, P., & Schreiber, D. (2012). L'évolution et le développement du langage humain chez Homo symbolicus et Pan symbolicus. Labyrinthe, (1), 39-79.
DESSALLES, Jean-Louis. Le langage humain à la lumière de l ‘évolution.
Vidéo du cours -- 30 mars 2021
Cours 2
Table ronde "Origines de l'humanité" avec Jean... by Ville-de-Saint-Tropez
Compte rendu de la conférence de Jean-Louis Dessalles à l'UQÀM.
Les origines du langage : une perspective néo-saussurienne
D'autres vidéos langue française sur l'origine du langage
Cours ISC1000 2016 1:
Cours ISC1000 2016 2:
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« How do we learn the meaning of a word? Well, we can look it up in a dictionary. The dictionary will define it for us—on condition that we already know the meaning of the words used in the word’s definition. If not, no problem, we can look up those words too, and so on. » (Blondin Massé & al., 2010)
RépondreEffacerAvec ce qu’on a amassé comme matériel dans ce cours, cela démontre à nouveau l’importance de l’ancrage des symboles pour ce qui est du langage. Le langage a un pouvoir nucléaire à condition qu’on ait un petit ensemble de mots ancrés afin qu’on puisse multiplier les définitions et toujours comprendre le sens des nouveaux mots puisque les mots les définissant sont ancrés (acquis). Le langage facilite grandement l’apprentissage car il permet l’apprentissage par instruction : nous n’avons qu’à croire une proposition comme étant vrai pour éviter de faire des expérimentations par induction. Toutefois, il faut bien qu’il y ait eu une démarche inductive avant d’arriver à pouvoir émettre des propositions vraies, par exemple, sur le fait qu’un champignon est toxique. Plus tard dans le texte, une question est posée : « How much induction do you have to do before language can kick in, in the form of instruction? » Cette question n’est pas nécessairement facile, mais on peut supposer que de façon analogue au dictionnaire, il faut suffisamment d’expérimentations sensori-motrices pour acquérir un ensemble minimal de certitudes (par exemple : attributs d’un champignon toxique vs nutritif) pour pouvoir effectuer des généralisations verbales à partir des faits de base. Il est aussi possible d’observer passivement et de généraliser certaines corrélations apprises avec le temps.
Bon résumé et interprétation. Quelques précisions:
EffacerL'instruction ne concerne pas un champignon individuel, car comme ça il ne s’agirait que de la supervision, ce qui est du feedback correctif : « mangeable » « pas-mangeable ».
« L’apprentissage supervisé/non supervisé » fut un mauvais choix de termes pour désigner les deux sortes d’apprentissage non-verbales. Pas de ma faute! C’est les informaticiens qui avaient développé les réseaux d’apprentissage qui ont choisi ces termes-là! Ça aurait été beaucoup plus intuitif et informatif pour ce cours de dénommer ça plutôt « l’apprentissage corrigé/non-corrigé ». (L’année prochaine je vais insister sur cela d’emblée mais il faudra l’associer avec les termes « supervisé/non-supervisé » néanmoins car ce sont les termes qui sont utilisés partout.)
Puis rappeler que l’instruction concerne surtout les catégories, pas les individus. On peut décrire un individu verbalement aussi, et c’est important dans le discours et la communication, mais ce n’est pas de là que provient la puissance nucléaire des propositions (et ainsi du langage). Et les mots définis dans les dictionnaires sont surtout des noms de catégories, pas les noms propres des individus.
La puissance nucléaire des propositions, donc du langage, réside dans la capacité d’un locuteur (l’instructeur) qui connait déjà une catégorie à décrire les attributs qui distinguent les membres des non-membres, pour transmettre cette information à d’autres locuteurs (les apprenants) qui ne connaissent pas encore cette catégorie (une incertitude à réduire). C’est là que l’apprentissage par l’instruction verbale est beaucoup plus puissant que l’apprentissage sensori-moteur corrigé/non corrigé (supervisé/non supervisé), ce qui nécessiterait beaucoup d’expositions et de tentatives sensori-motrices directes de faire la correcte chose, et beaucoup d’essais/erreurs/corrections pour enfin arriver à détecter les attributs qui distinguent les membres des non-membres. (Les attributs peuvent ensuite devenir des catégories aussi, mais ça aussi nécessite d’essais/erreurs/corrections.)
Mais la condition préalable pour cette puissance nucléaire des mots c’est que les apprenants doivent déjà connaître le nom des attributs qui rentrent dans la description verbale de la nouvelle catégorie. Donc ces attributs doivent consister de noms de catégories que l’apprenant comprend déjà (déjà ancrés). (Pensez au frère-cadet!)
Dernier point. Désormais le slogan pour ce que c’est que de catégoriser dans ce cours ne sera plus « faire la bonne chose avec la bonne sorte de chose ». Il sera plutôt « faire la correcte chose avec la correct sorte de chose ». Ça sera pour souligner les liens entre la catégorisation, l’apprentissage, la correction (+/-), la prédication (« est/n’est pas »), la proposition (vraie/fausse), et l’information. (Peux-tu les expliciter?)
Il y a des liens entre la catégorisation, l’apprentissage, correction (positive/négative), la prédication (est/n’est pas), la proposition (vrai/fausse) et l’information : en effet la catégorisation c’est faire la correcte chose avec la correcte sorte de chose. L’apprentissage corrigé va donner les instructions grâce à des corrections positives ou négatives afin d’apprendre les catégories. Nous allons faire des propositions (sujet-prédicat, exemple : le chat est roux) et celles-ci seront soit vraies soit fausses. Grâce à ces corrections, nous aurons plus d’informations sur ce qui appartient ou non à une catégorie : réduction de l’incertitude. L’apprentissage non-corrigé lui ne permettra pas d’apprendre les catégories, il s’agira de simples expositions : on pourra faire des corrélations attribut-attribut mais c’est grâce à l’apprentissage corrigé et aux corrélations attribut-conséquence ainsi qu’aux exemples positifs et négatifs qu’on apprendra les catégories. D’ailleurs si il n’y avait que des exemples les exemples négatifs sont importants car si ils n’existaient pas on ne pourrait pas apprendre une catégorie qu’en étant exposés à des exemples positifs.
EffacerAttention, l’apprentissage corrigé (supervisé) est autre chose que l’instruction verbale.
EffacerL’apprentissage corrigé ne donne que du feedback – correct ou incorrect – après chaque essai à catégoriser. C’est le cerveau qui doit en abstraire les attributs qui distinguent les membres des non-membres. Il faut des exemples positifs ainsi que négatifs, sans ça le cerveau ne peut pas discerner ce qui les distingue.
C’est l’instruction verbale qui décrit les attributs verbalement, en forme de proposition (à condition que l’apprenant sache à quelles catégories réfèrent les noms des attributs (l’ancrage) qui sont dénommés dans la description/définition propositionnelle.
L’apprentissage non corrigé ne permet pas de détecter les attributs qui distinguent les membres des non-membres sauf s’ils sont très simples. Et il faut de toute façon quelques essais et erreurs corrigés après l’apprentissage non corrigé pour apprendre quoi faire à quoi même si on a saisi les attributs covariants.
Bon résumé et interprétation. Quelques précisions:
RépondreEffacerL'instruction ne concerne pas un champignon individuel, car comme ça il ne s’agirait que de la supervision, ce qui est du feedback correctif : « mangeable » « pas-mangeable ».
« L’apprentissage supervisé/non supervisé » fut un mauvais choix de termes pour désigner les deux sortes d’apprentissage non-verbales. Pas de ma faute! C’est les informaticiens qui avaient développé les réseaux d’apprentissage qui ont choisi ces termes-là! Ça aurait été beaucoup plus intuitif et informatif pour ce cours de dénommer ça plutôt « l’apprentissage corrigé/non-corrigé ». (L’année prochaine je vais insister sur cela d’emblée mais il faudra l’associer avec les termes « supervisé/non-supervisé » néanmoins car ce sont les termes qui sont utilisés partout.)
Puis rappeler que l’instruction concerne surtout les catégories, pas les individus. On peut décrire un individu verbalement aussi, et c’est important dans le discours et la communication, mais ce n’est pas de là que provient la puissance nucléaire des propositions (et ainsi du langage). Et les mots définis dans les dictionnaires sont surtout des noms de catégories, pas les noms propres des individus.
La puissance nucléaire des propositions, donc du langage, réside dans la capacité d’un locuteur (l’instructeur) qui connait déjà une catégorie à décrire les attributs qui distinguent les membres des non-membres, pour transmettre cette information à d’autres locuteurs (les apprenants) qui ne connaissent pas encore cette catégorie (une incertitude à réduire). C’est là que l’apprentissage par l’instruction verbale est beaucoup plus puissant que l’apprentissage sensori-moteur corrigé/non corrigé (supervisé/non supervisé), ce qui nécessiterait beaucoup d’expositions et de tentatives sensori-motrices directes de faire la correcte chose, et beaucoup d’essais/erreurs/corrections pour enfin arriver à détecter les attributs qui distinguent les membres des non-membres. (Les attributs peuvent ensuite devenir des catégories aussi, mais ça aussi nécessite d’essais/erreurs/corrections.)
Mais la condition préalable pour cette puissance nucléaire des mots c’est que les apprenants doivent déjà connaître le nom des attributs qui rentrent dans la description verbale de la nouvelle catégorie. Donc ces attributs doivent consister de noms de catégories que l’apprenant comprend déjà (déjà ancrés). (Pensez au frère-cadet!)
Dernier point. Désormais le slogan pour ce que c’est que de catégoriser dans ce cours ne sera plus « faire la bonne chose avec la bonne sorte de chose ». Il sera plutôt « faire la correcte chose avec la correct sorte de chose ». Ça sera pour souligner les liens entre la catégorisation, l’apprentissage, la correction (+/-), la prédication (« est/n’est pas »), la proposition (vraie/fausse), et l’information. (Peux-tu les expliciter?)
Dans “Natural language and Natural Selection”, Bloom et Pinker proposent que l’évolution du langage est le résultat de sélection naturelle Néo-Darwinienne. Selon eux, leur conclusion est “ennuyante” puisqu’elle défend la connaissance conventionnelle. Toutefois, des penseurs importants tels que Chomsky et Gould ont remis cette idée en question, suggérant que le langage a évolué comme sous-produit de la sélection d’autres habiletés adaptatives, ou bien à cause de lois physiques inconnues.
RépondreEffacerLes auteurs soutiennent que le langage répond aux critères pour qu’un trait soit attribuable à la sélection naturelle: 1) il a un design complexe pour une fonction (communiquer des formules propositionnelles), et 2) aucun processus alternatif n’explique sa complexité (ils formulent un contre-argument pour chaque critique, comme celui de la diversité ou du caractère arbitraire du langage).
En ce qui concerne le premier critère, ils offrent que le langage est de l’ordre du biologique et non du culturel. Notre appareil vocal est conçu pour les besoins de la parole et, par le fait même, compromet d’autres fonctions comme avaler et respirer. Les enfants apprennent à parler grammaticalement et, ce, sans éducation formelle. Chaque société humaine a une langue et chacunes d’elles emploient les mêmes règles de base. Elles ne varient pas en sophistication, peu importe les avancements technologiques.
Le problème dur de l’évolution du langage
EffacerP & B considèrent tout dans leur article sauf le problème « dur » de la grammaire universelle (GU, qu’on discutera la semaine prochaine).
La grammaire ordinaire (GO) (1) s’apprend (par l’apprentissage non corrigé (non supervisé), par l’apprentissage corrigé (supervisé) ou par l’instruction verbale (« ouï-dire »). (2) Le vocabulaire s’apprend ainsi aussi, et (3) la parole aussi.
Mais pas la GU.
La GU est une catégorie, qui a un nombre infini de membres (GU+), les locutions conformes aux règles de la GU, et un nombre infini de non-membres (GU-), les locutions non conformes à la GU.
NC : Pour apprendre la GU par l’apprentissage non corrigé, il faut que les corrélations entre les attributs qui distinguent l’audition des locutions GU+ et GU- sautent aux oreilles à partir de l’écoute passive d’un échantillon suffisamment large de vocalisations GU+ et GU-.
C : Pour apprendre la GU par l’apprentissage corrigé, il faut que la production des vocalisations conformes ou non-conformes à la GU soient suivies de corrections pour que les attributs qui distinguent les productions GU+ et GU- soient apprenable à partir d’une série suffisamment long de essais/erreurs/corrections.
IV: Pour apprendre la GU par l’instruction verbale il faut que quelqu’un qui sait , les explique.
Mais personne, ni enfant, ni adulte (sauf les linguistes), ne produit, ni entend, les locutions GU-. Tout ce qui est prononcé est GU+. (Cette absence totale de GU- s’appelle « la pauvreté du stimulus ».
(À noter qu’il n’y a pas de pauvreté du stimulus pour la grammaire ordinaire (GO) : Il y a abondamment de GO+ et de GO-, qui se prononcent et qui sont corrigés.
Donc Il est impossible d’apprendre la GU, ni par NC, ni par C.
Et ce n’est que les linguistes qui arrivent à connaître les règles de la GU, peu à peu, depuis sa découverte par Chomsky il y a soixante ans. Donc les enfants ne les apprennent pas par IV.
Si la GU n’est pas apprise, alors elle doit être innée, codée dans nos gènes.
Mais comment la GU a-t-elle évolué? Quelle est sa valeur adaptative? Et comment l’évolution (qui elle-même est une sorte d’apprentissage corrigé : essai/erreur/correction) s’est-elle échappé du problème de la pauvreté du stimulus (l’absence de GU-)?
C’est pour ça que le problème dur de la GU complique l’évolution du langage humain au-delà de ce qu’admettent P & B.
La GU ne détermine pas le vocabulaire d’une langue particulière (donc les mots et leur sens doit être appris) et il y a plusieurs paramètres langagiers qui peuvent variés d’une langue à l’autre (et doit donc être appris) (par exemple, l’ordre du nom et son adjectif). Toutefois, la théorie de la GU propose qu’un individu qui se développe dans des conditions normales, développera toujours un langage avec certaines propriétés. Par exemple, chaque langue distingue les noms et les verbes.
EffacerCe que j’ai compris des lectures, sur l’évolution du langage et ses avantages adaptatifs, est le suivant :
Le langage a évolué par la combinaison et la communication des catégories. C’est-à-dire la capacité d’acquérir une catégorie composite, par d’autres personnes qui connaissent les anciennes catégories desquelles est composée la nouvelle. Cela a donné lieu à la naissance des propositions (une formulation vraie ou fausse, qui transcende une simple association pragmatique entre, par exemple, un objet et le mot pour s’y référer), permettant des catégories dans des catégories, à l’infini. Cela est peut-être né d’une mutation génétique, si une nouvelle capacité cognitive était nécessaire (ce qui semble probable). De là, l’apprentissage des catégories par observation et par instruction explicite est adopté.
Les humains semblent avoir été, sans doute, plus motivés vers cet apprentissage que d’autres espèces, peut-être à cause d’une plus grande intelligence et sociabilité. Plus motivés, car le langage offre des avantages adaptatifs significatifs: la possibilité de communiquer en faisant autre chose avec ses mains, la possibilité d’apprendre les catégories sans le risque et le temps associé à l’induction sociomoteur direct.
La tendance à acquérir et communiquer les catégories est devenue ancrée dans l’ADN et le cerveau de la progéniture des humains motivés, jusqu’à ce que notre espèce ait une tendance biologique vers le langage.
“Les enfants auraient donc dès leur naissance certaines capacités linguistiques qui les prédisposent non seulement à acquérir une langue complexe, mais aussi à en créer une de toute pièce si la situation l'exige.” -capsule outil: la grammaire universelle de Chomsky
Je demeure incertaine par contre : quelle est la distinction entre l’évolution du langage comme je viens de la décrire et l’évolution de la GU?
La pauvreté du stimulus
EffacerLa différence entre l’évolution du langage et l’évolution de la GU est que l’évolution de la GU ne concerne pas l’évolution du vocabulaire ni de la phonologie ni de la grammaire ordinaire (GO). Elle ne concerne même pas l’évolution de la capacité à apprendre les catégories (par apprentissage non-corrigée, apprentissage corrigé ou instruction verbale). Elle concerne la grammaire universelle (GU) -- les règles de grammaire qui ressemblent aux règles de la GO, mais qui sont plus abstraites et complexes.
Pour distinguer les locutions qui sont conformes à la GU (GU+) de celles qui ne sont pas conformes (GU-) serait une tâche de catégorisation, pour laquelle il faudrait apprendre les règles qui distinguent GU+ de GU-, exactement comme on apprend à distinguer GO+ de GO-.
Pour apprendre n’importe quelle catégorie il faut échantillonner les membres (+) (exemples positife) et les non-membres (-) (exemples négatifs) pour apprendre à détecter les attributs qui les distinguent.
Si ces attributs sont simples et évidents, l’observation passive, sans correction, des + et des – suffirait, à partir des inter-corrélations et des fréquences des attributs dans le « paysage » passif. Le moment où on devait commencer à les catégoriser correctement, il ne faudrait que quelques corrections pour ensuite pouvoir faire la correcte chose avec les + et les -.
Mais si les attributs (règles) qui distinguent les + et les - sont trop complexes pour être évidents à partir de l’observation passive non-corrigée, il faudra beaucoup d’essais, erreurs et corrections (apprentissage corrigé/supervisé) pour pouvoir apprendre à détecter les règles.
Dans le cas de la GO, les règles sont simples et on peut souvent les apprendre sans besoin de corrections : On observe des patrons ou on dit :
JE DONNE -- NOUS DONNONS
JE TIRE -- NOUS TIRONS
Donc on sait que si on entend un nouveau mot inconnu :
« JE VORE »
Qu’alors il faut dire
NOUS VORONS
Et pas
*NOUS VORE*
Et ainsi de suite.
S’il y a des exceptions à la règle, comme :
JE SUIS -- NOUS SOMMES
(et pas *NOUS SUISONS*)
Alors on apprend ces exceptions par cœur – et si jamais on dit *NOUS SUISONS* nous serons corrigés.
Mais pour les règles de la GU (et il y en a beaucoup!) on n’entend que les exemples positifs G+ -- jamais les exemples négatifs (erreurs de GU) G-. (C’est ça le problème de « la pauvreté du stimulus » : l’absence des exemples négatifs.)
Donc on ne peut pas apprendre la règle GU, ni par à partir de l’apprentissage non-corrigé, ni à partir de l’apprentissage corrigé. (Pourquoi pas?)
Et c’est pour ça que les linguistes chomskiens tirent la conclusion que les règles de la GU. n’étant pas apprenables, doivent alors être innées.
(Pourquoi est-ce que ça pose un problème dur pour l’évolution du langage -- problème que Pinker & Bloom semblent ignorer?
« Donc on ne peut pas apprendre la règle GU, ni par à partir de l’apprentissage non-corrigé, ni à partir de l’apprentissage corrigé. (Pourquoi pas?) »
EffacerPour apprendre de manière corrigée, il nous faut des membres GU- (erreurs de GU), et des GU+ (phrases appropriés) pour apprendre ce qui se dit et ce qui ne se dit pas avec un feedback correctif. Le principe est qu’à force de trouver des erreurs et des bonnes phrases ont puissent apprendre à distinguer les deux rapidement. Les membres GU- sont nécessaire pour la correction, or il y’a la pauvreté du stimulus qui nous empêche de connaitre les erreurs de la GU. Pour la manière non corrigée, il nous faut aussi des membres GU-, car sans eux, l’observation est possible, mais non la corrélation, les membres GU+ tout seul n’ont pas de sens lors de l’apprentissage, il faut pouvoir les comparer pour créer des liens.
Non seulement que dès qu'on a appris à parler on reconnait les erreurs de GO (car on a des exemples GO+ ainsi que GO-) mais on reconnait aussi les erreurs de GU, malgré l'absence des exemples GU-. Donc cette capacité est inée. (Ça s'appelle les « intuitions linguistiques primaires » et les linguistes s'en servent pour tester leur hypothèses concernant la GU: Comment?)
EffacerDans “Natural language and Natural Selection”, Bloom et Pinker proposent que l’évolution du langage est le résultat de sélection naturelle Néo-Darwinienne. Selon eux, leur conclusion est “ennuyante” puisqu’elle défend la connaissance conventionnelle. Toutefois, des penseurs importants tels que Chomsky et Gould ont remis cette idée en question, suggérant que le langage a évolué comme sous-produit de la sélection d’autres habiletés adaptatives, ou bien à cause de lois physiques inconnues.
RépondreEffacerLes auteurs soutiennent que le langage répond aux critères pour qu’un trait soit attribuable à la sélection naturelle: 1) il a un design complexe pour une fonction (communiquer des formules propositionnelles), et 2) aucun processus alternatif n’explique sa complexité (ils formulent un contre-argument pour chaque critique, comme celui de la diversité ou du caractère arbitraire du langage).
En ce qui concerne le premier critère, ils offrent que le langage est de l’ordre du biologique et non du culturel. Notre appareil vocal est conçu pour les besoins de la parole et, par le fait même, compromet d’autres fonctions comme avaler et respirer. Les enfants apprennent à parler grammaticalement et, ce, sans éducation formelle. Chaque société humaine a une langue et chacunes d’elles emploient les mêmes règles de base. Elles ne varient pas en sophistication, peu importe les avancements technologiques.
Le problème dur de l’évolution du langage
EffacerP & B considèrent tout dans leur article sauf le problème « dur » de la grammaire universelle (GU, qu’on discutera la semaine prochaine).
La grammaire ordinaire (GO) (1) s’apprend (par l’apprentissage non corrigé (non supervisé), par l’apprentissage corrigé (supervisé) ou par l’instruction verbale (« ouï-dire »). (2) Le vocabulaire s’apprend ainsi aussi, et (3) la parole aussi.
Mais pas la GU.
La GU est une catégorie, qui a un nombre infini de membres (GU+), les locutions conformes aux règles de la GU, et un nombre infini de non-membres (GU-), les locutions non conformes à la GU.
NC : Pour apprendre la GU par l’apprentissage non corrigé, il faut que les corrélations entre les attributs qui distinguent l’audition des locutions GU+ et GU- sautent aux oreilles à partir de l’écoute passive d’un échantillon suffisamment large de vocalisations GU+ et GU-.
C : Pour apprendre la GU par l’apprentissage corrigé, il faut que la production des vocalisations conformes ou non-conformes à la GU soient suivies de corrections pour que les attributs qui distinguent les productions GU+ et GU- soient apprenable à partir d’une série suffisamment long de essais/erreurs/corrections.
IV: Pour apprendre la GU par l’instruction verbale il faut que quelqu’un qui sait , les explique.
Mais personne, ni enfant, ni adulte (sauf les linguistes), ne produit, ni entend, les locutions GU-. Tout ce qui est prononcé est GU+. (Cette absence totale de GU- s’appelle « la pauvreté du stimulus ».
(À noter qu’il n’y a pas de pauvreté du stimulus pour la grammaire ordinaire (GO) : Il y a abondamment de GO+ et de GO-, qui se prononcent et qui sont corrigés.
Donc Il est impossible d’apprendre la GU, ni par NC, ni par C.
Et ce n’est que les linguistes qui arrivent à connaître les règles de la GU, peu à peu, depuis sa découverte par Chomsky il y a soixante ans. Donc les enfants ne les apprennent pas par IV.
Si la GU n’est pas apprise, alors elle doit être innée, codée dans nos gènes.
Mais comment la GU a-t-elle évolué? Quelle est sa valeur adaptative? Et comment l’évolution (qui elle-même est une sorte d’apprentissage corrigé : essai/erreur/correction) s’est-elle échappé du problème de la pauvreté du stimulus (l’absence de GU-)?
C’est pour ça que le problème dur de la GU complique l’évolution du langage humain au-delà de ce qu’admettent P & B.
La GU ne détermine pas le vocabulaire d’une langue particulière (donc les mots et leur sens doit être appris) et il y a plusieurs paramètres langagiers qui peuvent variés d’une langue à l’autre (et doit donc être appris) (par exemple, l’ordre du nom et son adjectif). Toutefois, la théorie de la GU propose qu’un individu qui se développe dans des conditions normales, développera toujours un langage avec certaines propriétés. Par exemple, chaque langue distingue les noms et les verbes.
EffacerCe que j’ai compris des lectures, sur l’évolution du langage et ses avantages adaptatifs, est le suivant :
Le langage a évolué par la combinaison et la communication des catégories. C’est-à-dire la capacité d’acquérir une catégorie composite, par d’autres personnes qui connaissent les anciennes catégories desquelles est composée la nouvelle. Cela a donné lieu à la naissance des propositions (une formulation vraie ou fausse, qui transcende une simple association pragmatique entre, par exemple, un objet et le mot pour s’y référer), permettant des catégories dans des catégories, à l’infini. Cela est peut-être né d’une mutation génétique, si une nouvelle capacité cognitive était nécessaire (ce qui semble probable). De là, l’apprentissage des catégories par observation et par instruction explicite est adopté.
Les humains semblent avoir été, sans doute, plus motivés vers cet apprentissage que d’autres espèces, peut-être à cause d’une plus grande intelligence et sociabilité. Plus motivés, car le langage offre des avantages adaptatifs significatifs: la possibilité de communiquer en faisant autre chose avec ses mains, la possibilité d’apprendre les catégories sans le risque et le temps associé à l’induction sociomoteur direct.
La tendance à acquérir et communiquer les catégories est devenue ancrée dans l’ADN et le cerveau de la progéniture des humains motivés, jusqu’à ce que notre espèce ait une tendance biologique vers le langage.
“Les enfants auraient donc dès leur naissance certaines capacités linguistiques qui les prédisposent non seulement à acquérir une langue complexe, mais aussi à en créer une de toute pièce si la situation l'exige.” -capsule outil: la grammaire universelle de Chomsky
Je demeure incertaine par contre : quelle est la distinction entre l’évolution du langage comme je viens de la décrire et l’évolution de la GU?
La pauvreté du stimulus
EffacerLa différence entre l’évolution du langage et l’évolution de la GU est que l’évolution de la GU ne concerne pas l’évolution du vocabulaire ni de la phonologie ni de la grammaire ordinaire (GO). Elle ne concerne même pas l’évolution de la capacité à apprendre les catégories (par apprentissage non-corrigée, apprentissage corrigé ou instruction verbale). Elle concerne la grammaire universelle (GU) -- les règles de grammaire qui ressemblent aux règles de la GO, mais qui sont plus abstraites et complexes.
Pour distinguer les locutions qui sont conformes à la GU (GU+) de celles qui ne sont pas conformes (GU-) serait une tâche de catégorisation, pour laquelle il faudrait apprendre les règles qui distinguent GU+ de GU-, exactement comme on apprend à distinguer GO+ de GO-.
Pour apprendre n’importe quelle catégorie il faut échantillonner les membres (+) (exemples positife) et les non-membres (-) (exemples négatifs) pour apprendre à détecter les attributs qui les distinguent.
Si ces attributs sont simples et évidents, l’observation passive, sans correction, des + et des – suffirait, à partir des inter-corrélations et des fréquences des attributs dans le « paysage » passif. Le moment où on devait commencer à les catégoriser correctement, il ne faudrait que quelques corrections pour ensuite pouvoir faire la correcte chose avec les + et les -.
Mais si les attributs (règles) qui distinguent les + et les - sont trop complexes pour être évidents à partir de l’observation passive non-corrigée, il faudra beaucoup d’essais, erreurs et corrections (apprentissage corrigé/supervisé) pour pouvoir apprendre à détecter les règles.
Dans le cas de la GO, les règles sont simples et on peut souvent les apprendre sans besoin de corrections : On observe des patrons ou on dit :
JE DONNE -- NOUS DONNONS
JE TIRE -- NOUS TIRONS
Donc on sait que si on entend un nouveau mot inconnu :
« JE VORE »
Qu’alors il faut dire
NOUS VORONS
Et pas
*NOUS VORE*
Et ainsi de suite.
S’il y a des exceptions à la règle, comme :
JE SUIS -- NOUS SOMMES
(et pas *NOUS SUISONS*)
Alors on apprend ces exceptions par cœur – et si jamais on dit *NOUS SUISONS* nous serons corrigés.
Mais pour les règles de la GU (et il y en a beaucoup!) on n’entend que les exemples positifs G+ -- jamais les exemples négatifs (erreurs de GU) G-. (C’est ça le problème de « la pauvreté du stimulus » : l’absence des exemples négatifs.)
Donc on ne peut pas apprendre la règle GU, ni par à partir de l’apprentissage non-corrigé, ni à partir de l’apprentissage corrigé. (Pourquoi pas?)
Et c’est pour ça que les linguistes chomskiens tirent la conclusion que les règles de la GU. n’étant pas apprenables, doivent alors être innées.
(Pourquoi est-ce que ça pose un problème dur pour l’évolution du langage -- problème que Pinker & Bloom semblent ignorer?
« Donc on ne peut pas apprendre la règle GU, ni par à partir de l’apprentissage non-corrigé, ni à partir de l’apprentissage corrigé. (Pourquoi pas?) »
EffacerPour apprendre de manière corrigée, il nous faut des membres GU- (erreurs de GU), et des GU+ (phrases appropriés) pour apprendre ce qui se dit et ce qui ne se dit pas avec un feedback correctif. Le principe est qu’à force de trouver des erreurs et des bonnes phrases ont puissent apprendre à distinguer les deux rapidement. Les membres GU- sont nécessaire pour la correction, or il y’a la pauvreté du stimulus qui nous empêche de connaitre les erreurs de la GU. Pour la manière non corrigée, il nous faut aussi des membres GU-, car sans eux, l’observation est possible, mais non la corrélation, les membres GU+ tout seul n’ont pas de sens lors de l’apprentissage, il faut pouvoir les comparer pour créer des liens.
Non seulement que dès qu'on a appris à parler on reconnait les erreurs de GO (car on a des exemples GO+ ainsi que GO-) mais on reconnait aussi les erreurs de GU, malgré l'absence des exemples GU-. Donc cette capacité est inée. (Ça s'appelle les « intuitions linguistiques primaires » et les linguistes s'en servent pour tester leur hypothèses concernant la GU: Comment?)
EffacerLe langage possède-t-il une valeur adaptative grâce à laquelle nous sommes la seule espèce qui le possède ? Il existe diverses hypothèses : le langage et la cognition sont des facultés indépendantes, le langage influence, voire détermine la façon dont on pense (hypothèse Sapir/Whorf), le langage influence la façon dont nous percevons le monde… D’autre diront que ce n’est pas le langage qui structure la pensée, mais plutôt l’inverse, que c’est la pensée qui façonne le langage puisque, et c’est simplement dit : l’idée précède le mot.
RépondreEffacerNos catégories linguistiques, nos mots, influencent-ils notre regard sur le monde? Si on a réussi à démontrer que le bleu dans une langue donnée est le même bleu dans une autre langue, pourrait à croire que l’organisation mentale qui structures nos catégories. Il faut savoir pourtant que certains peuples qui ne vivent pas dans le même type de paysages n’ont pas cette capacité à reconnaître les bleus mais peuvent rapidement identifier une nuance de couleur terreuse. Pourquoi?
Ainsi, pour comprendre le sens d’un mot, il va sans dire qu’il faut d’abord avoir le référent, c’est-à-dire comprendre le contenu de la pensée auquel il fait référence. Reprenons l’idée de la POMME ROUGE. Dans cet exemple, l’idée de la POMME se présente sous la forme d’une image mentale typique, prototypée, iconique, correspondant à un modèle mental courant, stéréotypé. On apprend ainsi à catégoriser en créant des schémas mentaux, des catégories par caractéristiques, par attributs : il y a ancrage, on l’a vu précédemment. Ce sont ces traits sous-jacents qui forment la sémantique des mots et leur donnent sens. On peut appliquer les mêmes principes à la grammaire, à la syntaxe… Les structures de celles-ci ne sont pas formelles. Ainsi, dans beaucoup de langues, l’expression du temps (futur, passé) est décrite en termes d’espace: on dit «après-demain», par exemple. Dans le même sens, toutes les langues n’attribut pas de genre aux mots comme on le fait en français, par exemple, en anglais la plupart des mots sont neutres.
Ainsi donc, le langage influence la perception puisque la capacité à produire des propositions mentales, est possible par celui-ci. Il agit comme médiateur ou agent de liaison qui déclenche lesdites idées (schémas mentaux, prototypes, propositions, représentations – je ne sais plus ce qui est permis comme mot !). Le mot INDUIT l’idée. Ainsi par une proposition comme dans LA POMME ROUGE EST SUR LA TABLE, on peut presque sans se tromper se représenter que la pomme rouge est sur la table de la cuisine, et non pas sur une table de massage ou de médecin; c’est implicite, la catégorisation permet de décoder. Une table c'est une catégorisation, une pomme en est une autre, etc.
Il y a deux méthodes d’apprentissage. L’expérimentation par essai-erreur. L’expérience partagée : obtenir l’information via quelqu’un qui a expérimenté. Pour la deuxième, le langage est nécessaire. Le caractère social et interactionnel du langage a permis à l’humain de survivre et lui a permis d’évoluer pour en arriver jusqu’à l’Homo Sapiens. Ce sont ces compétences sociales découlées du développement des compétences langagières qui sont devenues la clé de la survie. La révolution cognitive issue du langage aurait-elle permis l’évolution? Transmettre des informations précises et communiquer sur des choses hypothétiques ou hors du présent ou de notre vue a-t-elle permis d’éviter des dangers? De développer une double réalité? Objective et imaginée ou imaginaire.
Les catégories de couleurs, et leur perception catégorielle, sont les mêmes, peu importe la langue et sa nomenclature.
EffacerIl y a au moins trois méthodes d'apprentissage. Que sont-elles? (Lire les autres répliques ci-dessus). Et même une quatrième, si on compte l'apprentissage des affordances par observation et imitation (capacités miroirs).
Quelle est la compétence langagières la plus puissante, et pourquoi?
La compétence langagière la plus puissante sont les propositions (sujet-prédicat) car grâce à elles, il est possible de communiquer les catégories. Par exemple, si quelqu’un sait que les champignons mangeables sont ceux qui ont des tiges vertes et des têtes rouges et qu’il communique avec quelqu’un qui ne connait pas la catégorie mais qui sait ce que c’est rouge et vert et tige alors on peut communiquer la catégorie par une proposition. Il faut donc la condition préalable que les apprentis connaissent déjà les noms des attributs contenus dans les description des nouvelles catégories. Ce serait la valeur adaptative du langage ; il permettrait d’apprendre les catégories verbalement sans nécessité d’apprendre directement par induction sensorimotrice.
EffacerC'est exacte!
EffacerLe langage possède-t-il une valeur adaptative grâce à laquelle nous sommes la seule espèce qui le possède ? Il existe diverses hypothèses : le langage et la cognition sont des facultés indépendantes, le langage influence, voire détermine la façon dont on pense (hypothèse Sapir/Whorf), le langage influence la façon dont nous percevons le monde… D’autre diront que ce n’est pas le langage qui structure la pensée, mais plutôt l’inverse, que c’est la pensée qui façonne le langage puisque, et c’est simplement dit : l’idée précède le mot.
RépondreEffacerNos catégories linguistiques, nos mots, influencent-ils notre regard sur le monde? Si on a réussi à démontrer que le bleu dans une langue donnée est le même bleu dans une autre langue, pourrait à croire que l’organisation mentale qui structures nos catégories. Il faut savoir pourtant que certains peuples qui ne vivent pas dans le même type de paysages n’ont pas cette capacité à reconnaître les bleus mais peuvent rapidement identifier une nuance de couleur terreuse. Pourquoi?
Ainsi, pour comprendre le sens d’un mot, il va sans dire qu’il faut d’abord avoir le référent, c’est-à-dire comprendre le contenu de la pensée auquel il fait référence. Reprenons l’idée de la POMME ROUGE. Dans cet exemple, l’idée de la POMME se présente sous la forme d’une image mentale typique, prototypée, iconique, correspondant à un modèle mental courant, stéréotypé. On apprend ainsi à catégoriser en créant des schémas mentaux, des catégories par caractéristiques, par attributs : il y a ancrage, on l’a vu précédemment. Ce sont ces traits sous-jacents qui forment la sémantique des mots et leur donnent sens. On peut appliquer les mêmes principes à la grammaire, à la syntaxe… Les structures de celles-ci ne sont pas formelles. Ainsi, dans beaucoup de langues, l’expression du temps (futur, passé) est décrite en termes d’espace: on dit «après-demain», par exemple. Dans le même sens, toutes les langues n’attribut pas de genre aux mots comme on le fait en français, par exemple, en anglais la plupart des mots sont neutres.
Ainsi donc, le langage influence la perception puisque la capacité à produire des propositions mentales, est possible par celui-ci. Il agit comme médiateur ou agent de liaison qui déclenche lesdites idées (schémas mentaux, prototypes, propositions, représentations – je ne sais plus ce qui est permis comme mot !). Le mot INDUIT l’idée. Ainsi par une proposition comme dans LA POMME ROUGE EST SUR LA TABLE, on peut presque sans se tromper se représenter que la pomme rouge est sur la table de la cuisine, et non pas sur une table de massage ou de médecin; c’est implicite, la catégorisation permet de décoder. Une table c'est une catégorisation, une pomme en est une autre, etc.
Il y a deux méthodes d’apprentissage. L’expérimentation par essai-erreur. L’expérience partagée : obtenir l’information via quelqu’un qui a expérimenté. Pour la deuxième, le langage est nécessaire. Le caractère social et interactionnel du langage a permis à l’humain de survivre et lui a permis d’évoluer pour en arriver jusqu’à l’Homo Sapiens. Ce sont ces compétences sociales découlées du développement des compétences langagières qui sont devenues la clé de la survie. La révolution cognitive issue du langage aurait-elle permis l’évolution? Transmettre des informations précises et communiquer sur des choses hypothétiques ou hors du présent ou de notre vue a-t-elle permis d’éviter des dangers? De développer une double réalité? Objective et imaginée ou imaginaire.
Les catégories de couleurs, et leur perception catégorielle, sont les mêmes, peu importe la langue et sa nomenclature.
EffacerIl y a au moins trois méthodes d'apprentissage. Que sont-elles? (Lire les autres répliques ci-dessus). Et même une quatrième, si on compte l'apprentissage des affordances par observation et imitation (capacités miroirs).
Quelle est la compétence langagières la plus puissante, et pourquoi?
C'est exacte!
EffacerJacques-Philippe Saint-Gerand présente brièvement la vision de Steven Pinker qui, suivant les pas de Noam Chomsky, me semble assez surprenante. En effet, je considère qu’il est plutôt contre-intuitif de penser le langage en tant qu’instinct naturel de l’être humain, à savoir en tant que faisant partie de la structure biologique de notre cerveau. Ainsi, le langage compris comme étant un code de communication ne serait pas une chose culturelle que l’on apprend, mais bien une chose faisant déjà partie de nous dès l’enfance. D’après ce que j’ai compris du texte, Pinker ne nous dit pas que le fait de parler une langue en particulier est un instinct en soi, mais bien que nous avons la capacité de développer une manière de communiquer de façon instinctive un peu à la façon dont « les araignées savent tisser leur toile ». Autrement dit, le langage est instinctif tandis que la langue est culturelle. Par ailleurs, la lecture de ce court texte m’a définitivement donné envie d’en apprendre davantage quant aux arguments donnés en faveur de cette thèse cognitiviste et aux critiques qui peuvent lui être présentées.
RépondreEffacerLa capacité d'apprendre une langue est codée dans les gènes humains, mais ni la langue qu'on apprend, ni ce qu'on dit et entend dire n'est codé dans les gènes humains.
EffacerL'araignée n'apprend pas à tisser sa toile.
Jacques-Philippe Saint-Gerand présente brièvement la vision de Steven Pinker qui, suivant les pas de Noam Chomsky, me semble assez surprenante. En effet, je considère qu’il est plutôt contre-intuitif de penser le langage en tant qu’instinct naturel de l’être humain, à savoir en tant que faisant partie de la structure biologique de notre cerveau. Ainsi, le langage compris comme étant un code de communication ne serait pas une chose culturelle que l’on apprend, mais bien une chose faisant déjà partie de nous dès l’enfance. D’après ce que j’ai compris du texte, Pinker ne nous dit pas que le fait de parler une langue en particulier est un instinct en soi, mais bien que nous avons la capacité de développer une manière de communiquer de façon instinctive un peu à la façon dont « les araignées savent tisser leur toile ». Autrement dit, le langage est instinctif tandis que la langue est culturelle. Par ailleurs, la lecture de ce court texte m’a définitivement donné envie d’en apprendre davantage quant aux arguments donnés en faveur de cette thèse cognitiviste et aux critiques qui peuvent lui être présentées.
RépondreEffacerLa capacité d'apprendre une langue est codée dans les gènes humains, mais ni la langue qu'on apprend, ni ce qu'on dit et entend dire n'est codé dans les gènes humains.
EffacerL'araignée n'apprend pas à tisser sa toile.
Cette ciélographie portera sur le langage et son évolution. L’être humain a la faculté d’intégrer une langue sans même s’en rendre compte dès un très jeune âge. Cette capacité résulterait, selon ma compréhension, de multiples générations qui ont intégré ces capacités linguistiques, premièrement non-verbales, suivi de verbales. Mais, comme mentionné dans votre réponse à une ciélographie précédente, bien que la capacité d’apprendre une langue soit dans nos gênes, nous n’avons pas de langues innées. Cette faculté est essentielle à la survie de l’être humain, qui, comme nous le savons tous, habite en société où les interactions interpersonnelles sont vitales. Plusieurs autres habiletés que nous avons innées, tel que la catégorisation sont favorisées par la langue, et les langages nous permettent de partager les savoirs et connaissances. Pourrait-on dire que l’habileté d’apprendre une langue verbale est le résultat d’une évolution Baldwinienne, puisque c’est au cours des générations que cette faculté apprise est devenue innée ?
RépondreEffacerOn pourrait dire que toute ce qu'on apprend est « baldwinien », mais plus particulièrement on utilise ce descripteur pour une biais ou une facilité innée à apprendre vite certaines choses qui sont importantes à la survie (comme la tendance de la part du caneton à suivre le premier objet mobil dès l'éclosion, pour ensuite en apprendre à reconnaitre son espèce).
EffacerCette ciélographie portera sur le langage et son évolution. L’être humain a la faculté d’intégrer une langue sans même s’en rendre compte dès un très jeune âge. Cette capacité résulterait, selon ma compréhension, de multiples générations qui ont intégré ces capacités linguistiques, premièrement non-verbales, suivi de verbales. Mais, comme mentionné dans votre réponse à une ciélographie précédente, bien que la capacité d’apprendre une langue soit dans nos gênes, nous n’avons pas de langues innées. Cette faculté est essentielle à la survie de l’être humain, qui, comme nous le savons tous, habite en société où les interactions interpersonnelles sont vitales. Plusieurs autres habiletés que nous avons innées, tel que la catégorisation sont favorisées par la langue, et les langages nous permettent de partager les savoirs et connaissances. Pourrait-on dire que l’habileté d’apprendre une langue verbale est le résultat d’une évolution Baldwinienne, puisque c’est au cours des générations que cette faculté apprise est devenue innée ?
RépondreEffacerOn pourrait dire que toute ce qu'on apprend est « baldwinien », mais plus particulièrement on utilise ce descripteur pour une biais ou une facilité innée à apprendre vite certaines choses qui sont importantes à la survie (comme la tendance de la part du caneton à suivre le premier objet mobil dès l'éclosion, pour ensuite en apprendre à reconnaitre son espèce).
EffacerNous avons vu lors de la dernière semaine que les gènes étaient responsables de plusieurs traits que nous avons, souvent par la facilité à acquérir ces traits. Or ce n’est pas le seul moyen d’apprendre et heureusement pour nous, car on serait alors très limité dans nos activités et cela affecterait clairement notre production dans la société. C’est en gros la théorie baldwinienne qui explique que le comportement influence l’apprentissage. Peu importe nos gènes, l’effort qu’on met à apprendre nous donne accès à ces compétences. De là, plusieurs façons d’apprendre : L’apprentissage supervisé (corrigé) ou par induction nous permet d’avoir une réponse instantanée sur le problème qu’on a, c’est de l’essai erreur. L’apprentissage non supervisé (non corrigé) est principalement de l’observation et des corrélations entre les choix, critères, caractéristiques, attributs de manière passive donc pas d’action = ce n’est pas de la catégorisation. L’apprentissage verbal est une suite d’instructions qu’il faut accomplir pour faire la correcte chose avec la correct sorte de chose. Elle est plus pratique à long terme et c’est à mon avis la raison pour laquelle le langage verbal a été créer. L’instruction verbale (par oui dire) contrairement aux autres types d’apprentissages, nécessite que l’ancrage des symboles par l’apprenant soit appris. Sans cela, impossible de comprendre le sens du mot, car pas de de proposition ni de prédicats/attributs qui le distingue des autres mots. C’est le problème qu’avait rencontré Searle qui était incapable de comprendre le chinois, car plusieurs symboles exécuter de manière syntaxique ne lui permettait pas d’avoir la relation entre le référent (symbole) et l’attribut pour savoir de quel mot il était question lorsqu’il les manipulés.
RépondreEffacerOn pourrait dire que toute ce qu'on apprend est « baldwinien », mais plus particulièrement on utilise ce descripteur pour un biais ou une facilité innée à apprendre vite certaines choses qui sont importantes à la survie (comme la tendance de la part du caneton à suivre le premier objet mobil dès l'éclosion, pour ensuite en apprendre à reconnaitre espèce) -- ou la tendance humaine d'apprendre une langue.
EffacerOn pourrait dire que toute ce qu'on apprend est « baldwinien », mais plus particulièrement on utilise ce descripteur pour un biais ou une facilité innée à apprendre vite certaines choses qui sont importantes à la survie (comme la tendance de la part du caneton à suivre le premier objet mobil dès l'éclosion, pour ensuite en apprendre à reconnaitre espèce) -- ou la tendance humaine d'apprendre une langue.
RépondreEffacerSur le texte : Retour à la tradition orale. Pour calculer l’avantage adaptatif du langage, il faut le rapporter à la compétition entre ceux qui acquièrent des connaissances par ouï-dire et ceux qui acquièrent les connaissances par l’expérience sensori-motrice directe. Les créatures qui peuvent combiner ces deux types d'apprentissage sont bien avantagés. Or, presque l’ensemble de notre savoir est recombinatoire, il existe donc un ensemble de symboles qui sont ancrés (par l’expérience directe) et qui nous permettent de définir les autres termes qui se présente à nous par une recombination des symboles déjà acquis. Comme dans le dictionnaire, chaque mot est défini par un ensemble d’autres mots. Ainsi, notre aptitude à acquérir des connaissances est hybride, elle est à la fois sensori-motrice et elle se fait également par ouï-dire, c’est la combinaison de ces deux aptitudes qui nous procure l’avantage adaptatif sur les autres espèces. Il est également important de rappeler que toute communication, toute pensée et tout discours se déroule sur deux plans, la pensée est discursive, le discours est dialectique et la communication est interactive, il y donc toujours un échange d’information qui se fait. Ainsi, excepté les cas de compétition pour une ressource, la plupart de nos rapports impliquent un altruisme réciproque, on reçoit une information, par exemple sur le type de champignon qu’on peut manger, puis on retransmet cette information et d’autres informations similaires à un autre de nos semblables, notre enfant par exemple, pour l’empêcher de mourir promptement. Cet altruisme réciproque est un avantage adaptatif de l’humain qui lui permet d’acquérir beaucoup d’informations sans avoir à tester l’ensemble de ces connaissances sur la réalité, évitant ainsi de s’exposer aux dangers du labeur et du temps.
RépondreEffacerMais maintenant, surtout à cause de la globalisation de l'information numérique réseautée, ça crée une susceptibilité globale à la désinformation. Le langage, né au sein de la famille et du tribu il y a 300 mille ans, peut maintenant diffuser les propositions fausses, anonymement, sans conséquences pour les menteurs, à un bassin génétique global qui est toujours sous l'emprise des tendances baldwiniennes vers la crédulité.
EffacerMais maintenant, surtout à cause de la globalisation de l'information numérique réseautée, ça crée une susceptibilité globale à la désinformation. Le langage, né au sein de la famille et du tribu il y a 300 mille ans, peut maintenant diffuser les propositions fausses, anonymement, sans conséquences pour les menteurs, à un bassin génétique global qui est toujours sous l'emprise des tendances baldwiniennes vers la crédulité.
RépondreEffacerIl y a des liens entre la catégorisation, l’apprentissage, correction (positive/négative), la prédication (est/n’est pas), la proposition (vrai/fausse) et l’information : en effet la catégorisation c’est faire la correcte chose avec la correcte sorte de chose. L’apprentissage corrigé va donner les instructions grâce à des corrections positives ou négatives afin d’apprendre les catégories. Nous allons faire des propositions (sujet-prédicat, exemple : le chat est roux) et celles-ci seront soit vraies soit fausses. Grâce à ces corrections, nous aurons plus d’informations sur ce qui appartient ou non à une catégorie : réduction de l’incertitude. L’apprentissage non-corrigé lui ne permettra pas d’apprendre les catégories, il s’agira de simples expositions : on pourra faire des corrélations attribut-attribut mais c’est grâce à l’apprentissage corrigé et aux corrélations attribut-conséquence ainsi qu’aux exemples positifs et négatifs qu’on apprendra les catégories. D’ailleurs si il n’y avait que des exemples les exemples négatifs sont importants car si ils n’existaient pas on ne pourrait pas apprendre une catégorie qu’en étant exposés à des exemples positifs.
RépondreEffacerPinker et Bloom cherchaient à savoir comment on apprend le vocabulaire et pas à savoir si on l’apprend. Ils ont émis le problème difficile du langage à savoir la grammaire universelle (GU) de Chomsky. La grammaire ordinaire (GO) s’apprend par apprentissage non-corrigé (par imitation ou répétition par exemple), par apprentissage corrigé (lorsqu’un enfant est repris par ses parents ou un maitre d’école par exemple), mais également par l’instruction verbale (« ouï-dire »). Ce n’est pas le cas de la GU, qui n’est pas apprenable à cause de la pauvreté du stimulus, c’est-à-dire qu’il n’y a aucun exemple négatif qui est produit par quiconque (absence totale). Ce n'est que récemment que des linguistes ont commencé à essayer d’en tirer des règles. Lorsqu’un enfant entend une faute de GO, il la remarque mais c’est aussi le cas pour une faute de GU. Comment est-ce possible ? Chomsky, en reprenant l’argument de la pauvreté du stimulus stipule que la GU est innée alors que la GO est apprise. Mais donc pourquoi la GU existe ? D’où provient-elle ? C’est le problème difficile du langage : la GU et ses origines évolutives : si elle est innée c’est qu’elle s’est avérée adaptatives pour nos ancêtres, mais pourquoi et comment ?
RépondreEffacerEt pour compliquer d'avantage, la GU est tout ou rien... Difficile d'imaginer qu'elle a paru intégralement. Progressivement encore moins.
EffacerPour expliquer l’émergence de la grammaire universelle comme étant le fruit de la sélection naturelle, si j’ai bien compris, Steven Pinker and Paul Bloom émettent l’idée que chacune des règles qui la composent ont pu émerger les unes après les autres, conférant à chaque fois un avantage supplémentaire car facilitait la compréhension par les auditeurs, qui eux-mêmes avaient un intérêt évolutif à pouvoir produire ce même type de règle. Les règles se seraient ajoutées au fur et à mesure. Pourtant, cela pose deux problèmes. Le premier est un problème temporel : pour expliquer le fait que la grammaire universelle soit identique pour tous les êtres humains, on pourrait faire le parallèle avec le fonctionnement de l'œil humain, dont la structure complexe est identique pour tous les êtres humains (il ne présente que des variations superficielles, telles que couleur, déficience etc…). Mais dans le cas de l'œil, c’est parce que les humains ont évolué à partir d’un ancêtre commun qui avait déjà cet œil que sa structure est identique. Dans le cas du langage, son apparition est postérieure au développement des humains. Cela rend donc beaucoup plus difficile le fait d’expliquer que la grammaire universelle soit effectivement identique à tous les êtres humains. L’autre problème - et le problème principal - que cela pose, c’est surtout que la grammaire universelle n’est pas une liste de règles grammaticales indépendantes les unes des autres. Elles sont toutes structurées et imbriquées ensemble pour constituer un tout indissociable. C’est ce qui pousse notamment Chomsky à postuler qu’elle serait forcément apparue comme un tout, et non comme le fruit d’une évolution progressive.
EffacerPinker et Bloom cherchaient à savoir comment on apprend le vocabulaire et pas à savoir si on l’apprend. Ils ont émis le problème difficile du langage à savoir la grammaire universelle (GU) de Chomsky. La grammaire ordinaire (GO) s’apprend par apprentissage non-corrigé (par imitation ou répétition par exemple), par apprentissage corrigé (lorsqu’un enfant est repris par ses parents ou un maitre d’école par exemple), mais également par l’instruction verbale (« ouï-dire »). Ce n’est pas le cas de la GU, qui n’est pas apprenable à cause de la pauvreté du stimulus, c’est-à-dire qu’il n’y a aucun exemple négatif qui est produit par quiconque (absence totale). Ce n'est que récemment que des linguistes ont commencé à essayer d’en tirer des règles. Lorsqu’un enfant entend une faute de GO, il la remarque mais c’est aussi le cas pour une faute de GU. Comment est-ce possible ? Chomsky, en reprenant l’argument de la pauvreté du stimulus stipule que la GU est innée alors que la GO est apprise. Mais donc pourquoi la GU existe ? D’où provient-elle ? C’est le problème difficile du langage : la GU et ses origines évolutives : si elle est innée c’est qu’elle s’est avérée adaptatives pour nos ancêtres, mais pourquoi et comment ?
RépondreEffacerEt pour compliquer d'avantage, la GU est tout ou rien... Difficile d'imaginer qu'elle a paru intégralement. Progressivement encore moins.
EffacerAttention, l’apprentissage corrigé (supervisé) est autre chose que l’instruction verbale.
RépondreEffacerL’apprentissage corrigé ne donne que du feedback – correct ou incorrect – après chaque essai à catégoriser. C’est le cerveau qui doit en abstraire les attributs qui distinguent les membres des non-membres. Il faut des exemples positifs ainsi que négatifs, sans ça le cerveau ne peut pas discerner ce qui les distingue.
C’est l’instruction verbale qui décrit les attributs verbalement, en forme de proposition (à condition que l’apprenant sache à quelles catégories réfèrent les noms des attributs (l’ancrage) qui sont dénommés dans la description/définition propositionnelle.
L’apprentissage non corrigé ne permet pas de détecter les attributs qui distinguent les membres des non-membres sauf s’ils sont très simples. Et il faut de toute façon quelques essais et erreurs corrigés après l’apprentissage non corrigé pour apprendre quoi faire à quoi même si on a saisi les attributs covariants.
La question de savoir comment est apparu le langage est une question qui divise : certains penseurs affirment que l’évolution darwinienne n’aurait joué aucun rôle dans l’apparition du langage, avec pour argument que le langage ne présente pas de variation génétique, de formes de développement intermédiaire et n’offre pas d’avantage évolutif. D’autres, comme Steven Pinker and Paul Bloom, pensent au contraire que l’évolution darwinienne est la seule explication logique, d’une part parce que celle-ci pourrait très bien expliquer le développement d’une habileté complexe telle que le langage (qui est une combinaison de nombreuses parties et règles jouant chacune un rôle clé dans la capacité à émettre une proposition qui puisse être comprise par un auditeur), exactement de la même manière qu’elle a pu expliquer l’évolution de l’oeil. D’autre part parce que le langage présente également un avantage évolutif : il permet en effet d’apprendre à catégoriser (à savoir faire la bonne chose avec la bonne sorte de chose) sans avoir à faire soi-même l’expérience dangereuse de l’essai-erreur, à se coordonner pour la chasse, à prévenir d’un danger etc. Enfin, parce qu’il semble bel et bien présenter des variations génétiques, qu’on a simplement tendance à considérer comme des déficiences ou comme sortant de la norme. Toutefois, la grammaire universelle soulève de nombreuses questions quant à cette théorie, ce qui a conduit des penseurs comme Chomsky et Gould à postuler que le langage ne serait pas le fruit direct de la sélection naturelle mais plutôt un sous-produit de l’évolution : le langage n’aurait pas été sélectionné en soi mais serait apparu en tant qu’équinçon évolutif, c’est-à-dire comme une conséquence structurelle inévitable du développement d’autres habiletés qui auraient été sélectionnées car elles présentaient un avantage évolutif.
RépondreEffacerLa question de savoir comment est apparu le langage est une question qui divise : certains penseurs affirment que l’évolution darwinienne n’aurait joué aucun rôle dans l’apparition du langage, avec pour argument que le langage ne présente pas de variation génétique, de formes de développement intermédiaire et n’offre pas d’avantage évolutif. D’autres, comme Steven Pinker and Paul Bloom, pensent au contraire que l’évolution darwinienne est la seule explication logique, d’une part parce que celle-ci pourrait très bien expliquer le développement d’une habileté complexe telle que le langage (qui est une combinaison de nombreuses parties et règles jouant chacune un rôle clé dans la capacité à émettre une proposition qui puisse être comprise par un auditeur), exactement de la même manière qu’elle a pu expliquer l’évolution de l’oeil. D’autre part parce que le langage présente également un avantage évolutif : il permet en effet d’apprendre à catégoriser (à savoir faire la bonne chose avec la bonne sorte de chose) sans avoir à faire soi-même l’expérience dangereuse de l’essai-erreur, à se coordonner pour la chasse, à prévenir d’un danger etc. Enfin, parce qu’il semble bel et bien présenter des variations génétiques, qu’on a simplement tendance à considérer comme des déficiences ou comme sortant de la norme. Toutefois, la grammaire universelle soulève de nombreuses questions quant à cette théorie, ce qui a conduit des penseurs comme Chomsky et Gould à postuler que le langage ne serait pas le fruit direct de la sélection naturelle mais plutôt un sous-produit de l’évolution : le langage n’aurait pas été sélectionné en soi mais serait apparu en tant qu’équinçon évolutif, c’est-à-dire comme une conséquence structurelle inévitable du développement d’autres habiletés qui auraient été sélectionnées car elles présentaient un avantage évolutif.
RépondreEffacerGrammaire ordinaire (Go)
RépondreEffacerVoici un exemple de la grammaire ordinaire : je donne/nous donnons je tire /nous tirons. Probablement qu’on peut l’apprendre sans supervision, parce qu’on fait des corrélations. Cependant on doit mémoriser les exemple particuliers ex. je suis nous sommes et non nous suisons.
Grammaire universelle (GU)
La grammaire universelle est comme lélek. Elle ne peut être apprise, elle doit être inné. Il n’y a pas de correction de la grammaire universelle, lorsqu’on parle on sait déjà ce qui est une violation de la GU à cause de la grammaire ordinaire. On entend que ce n’est pas correct. Elle est apprise et étudié que par les linguistes. C’est le porteur linguistique des pensées et la contrainte qui exclut tout ce qui est à l’encontre de la GU. C’est une contrainte cognitive sur ce qui est pensable.
CAMILLE LÉGER
EffacerGrammaire ordinaire (Go)
RépondreEffacerVoici un exemple de la grammaire ordinaire : je donne/nous donnons je tire /nous tirons. Probablement qu’on peut l’apprendre sans supervision, parce qu’on fait des corrélations. Cependant on doit mémoriser les exemple particuliers ex. je suis nous sommes et non nous suisons.
Grammaire universelle (GU)
La grammaire universelle est comme lélek. Elle ne peut être apprise, elle doit être inné. Il n’y a pas de correction de la grammaire universelle, lorsqu’on parle on sait déjà ce qui est une violation de la GU à cause de la grammaire ordinaire. On entend que ce n’est pas correct. Elle est apprise et étudié que par les linguistes. C’est le porteur linguistique des pensées et la contrainte qui exclut tout ce qui est à l’encontre de la GU. C’est une contrainte cognitive sur ce qui est pensable.
CAMILLE LÉGER
EffacerLe langage est un code de communication. Toutes les langues sont des codes de communication, mais pas toutes les codes sont des langues. Il faut sujet, verbe, prédicat. Qu’est ce qui est héréditaire et qu’est ce qui est appris/culturel ? On pourrait dire que ce qui est héréditaire est la capacité baldwinienne à apprendre la langue et culturel ce serait tout ce qu’on apprend. L’aspect plus complexe est la grammaire universelle. La partie facile est la catégorisation, mais l’aspect complexe est la grammaire universelle. Le dictionnaire est un ensemble de mots ou chaque ensemble de mots est défini par un mot.
RépondreEffacerSi je peux apporter une nuance à ton propos: "on pourrait dire que ce qui est héréditaire est la capacité baldwinienne à apprendre la langue"
EffacerLa capacité à apprendre la langue relève de l'évolution baldwinienne, c'est-à-dire que vu son importance centrale, nous avons une prédisposition à apprendre plus vite à apprendre la langue mais la capacité à apprendre relève de l'évolution Darwinienne, c'est elle qui code cette capacité dans les gènes.
Est-ce qu’on est obligé de réduire la GU à une théorie évolutive ? Même si ce sont seulement les humains qui possèdent le langage humain, ce pourrait-il que la GU découle d’une loi universelle plus grande que simplement d’un développement évolutif de l’humain.
RépondreEffacerÀ mon avis, la GU n’est pas innée (donc exclusive aux humains) mais bien une logique universelle, ou un ensemble de lois universelle, et dont la production et la compréhension sont permises grâce à nos capacité physique/neuronale (capacité de parler et de comprendre le langage et le sens du langage). Dans ce cas, la GU ne serait pas exclusive à l’homme, mais la capacité de posséder la GU (de parler et de comprendre) serait exclusive à l’homme, ce qui nous distinguerait des autres animaux.
Est-ce qu’on est obligé de réduire la GU à une théorie évolutive ? Même si ce sont seulement les humains qui possèdent le langage humain, ce pourrait-il que la GU découle d’une loi universelle plus grande que simplement d’un développement évolutif de l’humain.
RépondreEffacerÀ mon avis, la GU n’est pas innée (donc exclusive aux humains) mais bien une logique universelle, ou un ensemble de lois universelle, et dont la production et la compréhension sont permises grâce à nos capacité physique/neuronale (capacité de parler et de comprendre le langage et le sens du langage). Dans ce cas, la GU ne serait pas exclusive à l’homme, mais la capacité de posséder la GU (de parler et de comprendre) serait exclusive à l’homme, ce qui nous distinguerait des autres animaux.
Nous disons ici que l’apprentissage est un dont Baldwinien et que chaque espèce, selon son espèce est munie de capacité d’apprendre. Nous cherchons à apprendre les catégories et le fait de les apprendre est la détection et abstraction des attributs qui distinguent les membres et les non membres. Les catégories sont donc des attributs et certains de ces attributs sont pertinents à la catégorisation, alors que d’autres ne le sont pas.
RépondreEffacerPour ce qui est de l’induction, il y a l’apprentissage non supervisé constitué d’intercorrélation des attributs sans correction, l’imitation, autrement dit les capacités miroirs et, pour finir, l’apprentissage supervisé possédant des corrections. Il y a aussi les instructions qui sont les apprentissages verbaux. Donc par description et définition. Les mots sont donc des noms de catégories et les attributs des catégories sont des catégories. Nous pouvons donc les apprendre et leur accorder un nom par la suite aussi. Le langage est en constante évolution les gestuelles et les sons que nous émettions autrefois pour nous exprimer se sont transformer pour devenir le vocabulaire que nous utilisons aujourd’hui.
Si je peux apporter une nuance à ton propos: "on pourrait dire que ce qui est héréditaire est la capacité baldwinienne à apprendre la langue"
RépondreEffacerLa capacité à apprendre la langue relève de l'évolution baldwinienne, c'est-à-dire que vu son importance centrale, nous avons une prédisposition à apprendre plus vite à apprendre la langue mais la capacité à apprendre relève de l'évolution Darwinienne, c'est elle qui code cette capacité dans les gènes.
Sachant que la capacité d’apprentissage par instruction, à savoir par ouï-dire, est beaucoup plus efficace que celle par induction, c’est-à-dire directement à partir de l’expérience (essai-erreur), je trouve qu’il est d’autant plus curieux qu’il n’y ait que les humains qui l’ont développé. En effet, il est beaucoup plus facile d’apprendre à catégoriser adéquatement, c’est-à-dire à développer notre capacité de réagir de la bonne façon face à un type de chose donnée, par la première méthode que par la seconde, ce qui donne aux humains un avantage adaptatif important. Cela nous permet effectivement de ne pas avoir à recommencer toutes les recherches à zéro de sorte que l’on peut repartir de là où nos prédécesseurs se sont arrêtés. Par exemple, je n’ai pas besoin d’avoir fait moi-même l’expérience de me retrouver face à face avec un ours pour savoir que ma meilleure chance de m’en sortir vivant n’est pas de fuir en courant, mais bien d’essayer d’avoir l’aire intimidant, car c’est ce que l’on m’a appris. On voit bien ici en quoi la méthode d’apprentissage par instruction est avantageuse par rapport à celle par induction d’un point de vue évolutif. En ce sens, il est possible de se demander pourquoi, dans ce cas, nous sommes les seuls à en bénéficier.
RépondreEffacerConcernant l’évolution du langage, l’article de Pinker et Bloom est convaincant quant à la véritable puissance de la proposition susceptible d’avoir une valeur de vérité (vraie et fausse) et à la (relative) simplicité de la récursivité qui permet néanmoins des combinaisons infinies (en intégrant une clause à un nom ou à un prédicat) et l’accès à toute une gamme d’expressions intentionnelles, modales, propositionnelles, etc. En effet, plutôt que d’imaginer des phrases subjonctives complexes, le simple fait de pouvoir attribuer une propriété ou un objet à quelqu’un (« John’s hat. ») ou d’exprimer une croyance quant à un état de fait (« I think he left. ») fait usage des capacités de récursivité de la grammaire universelle. Cette capacité aura donc de nombreuses conséquences sur le mode de vie social et coopératif des hominidés et notamment sur la culture et le corollaire d’un mode de vie coopératif, les attributions morales déontiques (« Ceci est juste. » ou « Ceci est injuste. »). Il me semble donc clair que l’avantage adaptatif du langage pour le mode de vie des hominidés dans le milieu évolutif ancestral était déterminant et a pu mener à une co-évolution des gènes et de la culture via des effets baldwiniens sur la pression sélective à être des apprenants efficaces et ainsi encoder génétiquement la facilité à apprendre, tout en laissant les apprentissages précis (le paramétrage de notre grammaire universelle selon les accidents de notre langue maternelle) non-déterminés.
RépondreEffacerSur un autre plan, plus vaste, la question d’élucider comment les capacités récursives et de fonction propositionnelle du langage sont apparues dans le temps long de l’évolution me semble hors de notre portée dans l’état actuel de nos connaissances paléoanthropologiques et cognitives : une modularité modérée, comme pour Fodor, non-spécifique à un domaine et capables de tout ce que nous pouvons faire avec la computation comme sous-domaine de notre langage basé sur la grammaire universelle? Ou plutôt une modularité massive, comme pour les psychologues évolutionnistes Cosmides et Tooby, avec une grande quantité de modules pour accomplir plusieurs tâches spécifiques à des domaines restreints? Comment en effet expliquer l’apparition de la grammaire générative universelle chomskyenne? Est-elle arrivée d’un coup, ce qui semblerait favoriser l’idée d’une rationalité linguistique générale et non-spécifique à un domaine (comme chez Fodor) ou plutôt est-elle le résultat de capacités modulaires s’agrégeant graduellement et produisant à un certain niveau des effets émergents de par une rupture qualitative attribuable à un dépassement de seuil dans le nombre de modules cognitifs? Je crois que la piste d’une boucle de rétroaction positive (feedback loop) entre un effet baldwinien, reposant sur la sélection darwinienne, plus un renforcement de la dynamique sociale et culturelle déjà présente chez les espèces sociales de singes proches des hominidés pourrait expliquer le mieux (dans une perspective de théorie inter-domaines qui nous permettra une inférence à la meilleure explication en fonction des données ainsi que le relevaient Poirier et Faucher dans leur article) le passage du seuil du langage humain (le franchissement du tipping point de la culture orale).
RépondreEffacerSur un autre plan, plus vaste, la question d’élucider comment les capacités récursives et de fonction propositionnelle du langage sont apparues dans le temps long de l’évolution me semble hors de notre portée dans l’état actuel de nos connaissances paléoanthropologiques et cognitives : une modularité modérée, comme pour Fodor, non-spécifique à un domaine et capables de tout ce que nous pouvons faire avec la computation comme sous-domaine de notre langage basé sur la grammaire universelle? Ou plutôt une modularité massive, comme pour les psychologues évolutionnistes Cosmides et Tooby, avec une grande quantité de modules pour accomplir plusieurs tâches spécifiques à des domaines restreints? Comment en effet expliquer l’apparition de la grammaire générative universelle chomskyenne? Est-elle arrivée d’un coup, ce qui semblerait favoriser l’idée d’une rationalité linguistique générale et non-spécifique à un domaine (comme chez Fodor) ou plutôt est-elle le résultat de capacités modulaires s’agrégeant graduellement et produisant à un certain niveau des effets émergents de par une rupture qualitative attribuable à un dépassement de seuil dans le nombre de modules cognitifs? Je crois que la piste d’une boucle de rétroaction positive (feedback loop) entre un effet baldwinien, reposant sur la sélection darwinienne, plus un renforcement de la dynamique sociale et culturelle déjà présente chez les espèces sociales de singes proches des hominidés pourrait expliquer le mieux (dans une perspective de théorie inter-domaines qui nous permettra une inférence à la meilleure explication en fonction des données ainsi que le relevaient Poirier et Faucher dans leur article) le passage du seuil du langage humain (le franchissement du tipping point de la culture orale).
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